Une nouvelle vie pour les cabines téléphoniques
Billet publié par Stéphane Vincent dans la catégorie Développement durableTags: Design , Innovation , rural , Télécoms , transport
Les Cabines Résologiques, un service basé sur le réseau de cabines téléphoniques existant : le magnifique projet de diplôme de Pierre Charrié (pierre.charrie [at] gmail.com), Ecole Nationale Supérieure de Création Industrielle, Novembre 2008.

La cabine téléphonique est un objet singulier, à la fois trés technique et profondément social. Avec l’usage intense du téléphone portable, les cabines se font moins nombreuses, mais la mission de service public qui leur incombe leur permet encore d’assurer un maillage homogène du territoire, en ville comme à la campagne.
La cabine comme outil de mise en relation et comme point d’embarquement pour le covoiturage spontané
Les Cabines Résologiques est un projet visant à réactiver le parc de cabines existant, il s’adapte sur l’infrastructure et les technologies déjà en place. A travers ce service et grâce à leur nature géolocale et réticulaire, ainsi qu’à leur implantation privilégiée, les cabines jouent un rôle de balise dans l’espace public.
Une interface vocale et une recherche par mot-clé
Elles deviennent une articulation entre les réseaux d’informations et les réseaux de transports en communs, fournissant en temps réel des données contextualisées et constituant des points d’embarquements pour des trajets partagés.
Des annonces sur les événements locaux et les différents trajets sont diffusés dans la cabine
Dans la pratique, les informations sont actualisées par un serveur centralisant les informations des sites des différents acteurs : moteurs de recherche, société de transports, sites de covoiturage, conseil général, et la commune elle-même. Les temps d’attente dans les cabines sont calculés grâce à la triangulation du GSM des usagers, inscrits sur des sites de covoiturage partenaires.
Aménagement circonstantiel d’une zone d’embarquement aux abords de la cabine
Pour chaque recherche, la cabine propose des résultats en fonction de leur proximité et calcule les différents trajets et modes de transports possibles. La sonorisation de la cabine se fait grâce à un simple haut-parleur placé dans le faux plafond. Il se déclenche quand quelqu’un pénètre dans la cabine.
Ce projet nous séduit beaucoup : le réseau des cabines téléphoniques situées en zone rurale occupe une dimension symbolique forte. Vieillissant, en déshérence, il incarne aux yeux des populations locales la fragilité des services publics en zone rurale. Même après l’explosion du mobile, la cabine téléphonique conserve une utilité sociale. En transformant radicalement leurs usages, Pierre Charrié réactive le réseau, lui redonne un avenir, en un mot, le réanchante...il reste néanmoins à s’assurer qu’il n’est pas déjà trop tard : l’opérateur historique n’est pas pressé de maintenir en état les cabines les plus rurales, et déjà une partie du réseau a disparu. Avec la révision du service universel prévue cette année, on devrait en savoir plus sur l’évolution de leur statut. Quoiqu’il en soit, cette démarche montre que les possibilités de réinventer l’existant sont sans limite, et qu’innover en zone rurale est à portée de main.
8 commentaires
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Le 6 mars à 21h36
par Isabelle59
» Une nouvelle vie pour les cabines téléphoniques
ils n’ont jamais dû supprimer les cabines téléphoniques par pièces... Souvent c’est très pratique de téléphoner avec une simple pièce surtout la nuit en cas de panne ! et qu’il n’y aucun marchant d’ouvert... casino en ligne
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Le 5 janvier à 15h53
par Hubert Guillaud
» Une nouvelle vie pour les cabines téléphoniques
Insérer une carte SIM dans une cabine téléphonique ? http://www.orange-innovation.tv/dre...
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Le 2 décembre 2009 à 10h37
par Hubert Guillaud
» Une nouvelle vie pour les cabines téléphoniques
On peut aussi les transformer en bibliothèques : http://bibliothequepublic.blogspot....
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Le 24 mai 2009 à 19h27
par Stéphane Vincent
» Une nouvelle vie pour les cabines téléphoniques
@Tataria : il me semble que les pratiques de géolocalisation "volontaire" ont depuis longtemps été généralisées, non ? Je n’approuve pas forcément, en tout cas pas plus que les défenseurs des libertés publiques, mais Aka-Aki (pour ne citer que ce service) fait un carton, si je ne m’abuse...
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Le 24 mai 2009 à 17h03
par Tataria
» Une nouvelle vie pour les cabines téléphoniques
Intéressant, mais un défaut majeur : le calcul du temps d’attente à partir de la triangulation cabine-satellite-GSM. Deux raisons de ce défaut : 1/ Tout le monde n’a pas un GSM. 2/ Ça généralise une pratique qui devrait être réservée aux enquêtes judiciaires dans des cas exceptionnels (affaires de crimes, remontée de filières en matière de trafics divers, et délinquance financière uniquement). D’autant plus que le service de covoiturage sera très probablement confié à une entreprise privée dans le cadre d’une délégation de service public, ce qui donnerait accès à une personne privée à une technologie privative de liberté ...
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Le 11 mai 2009 à 17h35
par POLLUX
» Une nouvelle vie pour les cabines téléphoniques
COMMENT CE FAIT IL QUE L ON NE PEUT PLUS APPELER LE N° D UNE CABINE TELEPHONIQUE
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Le 5 février 2009 à 10h32
par Pierre Charrié
(site : http://pierrecharrie.wordpress.com)
» Une nouvelle vie pour les cabines téléphoniques
La cabine est en effet un habitacle protégeant des intempéries et protégeant l’intimité : c’est un espace fermé. Il ne peut pas prétendre à remplacer des espaces de partage et de rencontre, ça n’est d’ailleurs pas le but de mon projet. Mais je pense que la cabine est toujours un symbole fort en zone rurale, elle est un lieu ou l’on pose des annonces, une source de lumière dans la nuit, un moyen de téléphoner si ça ne capte pas,... Les Cabines Résologiques est une proposition pour tirer parti d’une infrastructure existante un peu partout. Elles permettent avant tout d’apporter des réponses rapides et ciblées à des problématiques de mobilité à partir d’un matériel disponible sur place. Les usages suggérés sont différents je crois de ceux que l’on peut observer sur un espace d’accueil wifi ou chacun amène son appareil pour surfer, tchater... Cependant, on peut imaginer que les infos relayées dans la cabine (transports publics, trajets covoiturages, évènements culturels...) soient également accessibles grâce à une borne wifi placée sur le toit de cette cabine...
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Le 2 février 2009 à 19h02
par Hubert Guillaud
(site : http://www.internetactu.net)
» Une nouvelle vie pour les cabines téléphoniques
J’aime également beaucoup ce projet... très pertinent sur comment utiliser les infrastructures du territoire pour créer de nouveaux repères sociaux. Un projet qui pourrait s’appliquer à bien d’autres infrastructures d’ailleurs : pas sûr que la cabine téléphonique soit sa meilleure empreinte.
Reste, que même si leurs fonctions peuvent être augmentées, la cabine (fermée, comme elle a trop longtemps été conçue) demeure une abhération qui ne favorisera pas sa seconde vie. Si elle peut servir d’abri de covoiturage (comme il existe des abri-bus), reste que la déshérence des cabines n’incite pas à y pénétrer. Sales et dégradées bien souvent, on comprend que les gens les fuient et rechignent à y pénétrer. Pas sûr que ces projets visant à leur redonner de la vie s’accomodent de la vie moderne. Finalement, depuis son téléphone, bien souvent, le service de covoiturage ou le calcul d’itinéraire est également disponible...
Est-ce que la cabine alors suffit à faire lieu ? Et encore plus lieu commun ? Espace public ? J’ai un peu l’impression que cet espace trop étroit (qui a même du mal à nous accueillir bien souvent) est difficile à ré-habiter. Alors qu’il suffit d’une simple borne Wi-Fi devant un office du tourisme, de quelques prises électriques au pied de tables et de bancs publics pour créer un lieu plus convivial et plus ouvert au partage.
Bref, attention à ne pas se laisser enfermer dans la cabine, Pierre ;-).










