Des résidences made in UK
Billet publié par Stéphane VincentTags: Innovation , Santé , social
Décidément, la résidence est un format qui semble bien convenir à l’expérimentation. En Grange-Bretagne, le programme SEiR (Social Entrepreneurs in Résidence) est une initiative portée par la Young Foundation. Son principe consiste à accueillir en résidence un entrepreneur social sur une période d’au moins un an au sein d’une administration ou d’une collectivité. L’entrepreneur est salarié et coaché par la Young Foundation, et son poste co-financé par l’administration d’accueil où il est "embarqué" le temps de la résidence. L’initiative parie sur la capacité de l’entrepreneur social à construire, au sein-même de l’organisation, des solutions pérennes, entrepreneuriales, évolutives, ouvertes sur des partenaires publics et privés extérieurs. La première résidence vient d’être lancée : Eleanor Capell, 27 ans, possède le profil d’entrepreneur social et vient d’intégrer la NSH (National Health Service) de Birmingham, une branche locale de l’agence nationale de santé. Le programme SEiR a retenu l’attention du gouvernement et est cité régulièrement dans la presse britannique. A noter : notre ami de la Fing, Pierre Orsatelli, nous signale une opération proche appelée "projet Equipage" au sein du CHU Félix Guyon à la Réunion.
Les designers sont-ils forcément de bons innovateurs sociaux ?
Billet publié par Stéphane VincentTags: Design , Innovation , social
Le 3 décembre était organisée une téléconférence à l’initiative du Social Innovation Exchange (SIX, dont nous vous avons déjà parlé), avec la participation de designers et d’innovateurs sociaux de Paris, Londres, Milan, Bruxelles, Copenhague, Amsterdam, Melbourne, Shangai, Tokyo. Le thème dont nous devions débattre : quels sont les liens entre le design et l’innovation sociale ? les designers sont-ils des innovateurs sociaux ? peuvent-ils contribuer à enrichir l’innovation sociale ? Autant le dire tout de suite : au terme d’un tour de table passionnant* mais interminable, nous n’avons pas eu le temps de débattre du sujet ! Car la téléprésence chez Cisco, c’est génial, mais ça fonctionne un peu comme les faisceaux satellite à la télé, "en direct de Cognac-Jay" : quand ça coupe, ça coupe vraiment, et l’organisateur lui-même n’a pas eu le temps de terminer sa phrase de remerciements...
En revanche, une note de travail avait été rédigée avant la conférence par Geoff Mulgan, directeur de la Young Foundation, qui anime SIX. Je ne résiste pas à l’envie de la résumer, car elle est fertile et m’amène à quelques commentaires.
Ce qui peut sembler être un débat d’experts me parait en réalité être une question centrale si l’on souhaite comprendre les nouvelles formes d’ingénierie "tirées par l’utilisateur", et imaginer les modes d’intervention de demain, plus proches de la co-conception que les approches traditionnelles d’aujourd’hui.
En préambule, Geoff Mulgan rappelle que dans l’univers anglo-saxon au moins, un nombre croissant d’initiatives mobilisent des méthodes issues du design pour développer l’innovation sociale (EMUDE, Red au Design Council, IDEO, la Fondation Rockefeller, les agences Think Public, Participle). Geoff s’emploie à faire l’analyse des forces et des faiblesses du design au contact de l’innovation sociale, telle qu’il a pu la faire à travers ces différents projets.
Geoff Mulgan énumère ainsi les principales forces du design appliqué à l’innovation sociale, telles qu’il les perçoit :
- la fraîcheur et la clarté : le designer est capable d’une compréhension fine des problèmes, et de donner une vision nouvelle à des problèmes anciens
- de nouvelles visions (ou "insights") : le fait de ne pas être partie prenante, de n’être pas un expert lui permet de proposer une vision décalée
- les techniques de visualisation : le designer dessine, illustre ; c’est un complément vital de la prose administrative et de l’emploi systématique du texte, et une bonne façon d’associer plus facilement les gens dans le process de conception
- les situations de vie : une approche qui met en valeur de nouveaux modèles, blocages, expériences
- le prototypage rapide : une méthode supérieure pour tester rapidement des modèles dans la pratique, plutôt que rester au stade des grands discours
- de bons outils pour penser de façon systémique : particulièrement utile, par exemple dans le système alimentaire, énergétique, des biens de production
- des effets catalysateurs : également utiles pour dynamiser le changement, renforcer les innovateurs au sein des services publics, etc
Mais les faiblesses du designer sont également importantes :
- Le coût : faire intervenir des consultants chèrement payés dans des communautés à faibles revenus crée du ressentiment
- Le manque d’investissement : dans certains projets, le designer va et vient librement, il n’est pas au coeur du projet ;
- Le designer est bon en créativité, médiocre en terme d’implémentation et de mise en oeuvre
- Le designer réinvente la roue (en ignorant les évidences et l’expérience de terrain, comme un corollaire à la fraîcheur de sa vision)
- Le manque de compétences budgétaires et de réalisme économique, lorsqu’il s’agit de penser la mise en oeuvre
- Le manque de capacités organisationnelles, notamment pour organiser le passage de témoin
- Il faudrait qu’il soit bien plus rigoureux en matière de pensée systémique
- La très grande majorité du design de services n’a pas été conçu par des organisations en charge du design de services...
Pour Geoff Mulgan, le design a 4 défis à relever :
- Former les gens à une combinaison entre des compétences en design, et d’autres compétences (économiques, politiques, sociales)
- Développer des méthodes de design qui améliorent l’impact et la mise en oeuvre
- En terme de coût/efficacité, s’assurer qu’un transfert de savoir-faire s’opère bien après la mission
- Faire dialoguer des disciplines connexes avec le design : beaucoup de disciplines gagneraient à apprendre du design, et le design a besoin d’apprendre d’autres disciplines
L’analyse et les recommandations de Geoff Mulgan me paraîssent très pertinentes. Les designers ne sont pas naturellement formés à produire de l’émancipation chez leurs interlocuteurs, à générer de "l’empowerment". Il me semble qu’il y a de nombreux enseignements pratiques à tirer de cette analyse. J’en vois au moins trois.
Le besoin d’élaborer collectivement un nouveau protocole
Les designers ont normalement l’habitude d’évoluer dans un système de contraintes : plus les contraintes sont fortes, plus on reconnaît la créativité d’un bon designer ! Mais dans les méthodologies basées sur l’innovation sociale, il manque souvent un protocole spécifique, l’adoption collective d’une série de principes concrets qui garantissent les attendus cités par Geoff Mulgan. Or ces principes ne sont guère enseignés dans les écoles de design ou les formations à l’innovation sociale. Pourtant il est essentiel que le cahier des charges initial établisse ces principes. Lorsque dans le cadre de Territoires en Résidences, nous demandons aux équipes de prototyper au moins un projet avant le terme de la résidence, de documenter leur travail sur un blog, et de s’assurer de la prise en main des projets par les communautés locales, ce sont les termes de ce protocole que nous essayons d’imaginer et de tester. Il est essentiel que tous les promoteurs d’interventions de ce type comparent leurs protocoles et les améliorent ensemble. Et que des "médiateurs" internes aux institutions y soient associés.
L’expérimentation est essentielle
Ces questions ne sont pas théoriques. C’est dans la pratique de terrain que des réponses peuvent être apportées. Or il nous manque des zones de test, des bancs d’essais, des territoires-pilotes où former les jeunes designers et les innovateurs sociaux, les médiateurs et agents de développement, les consultants, architectes, donneurs d’ordre, chefs de projets dans les collectivités... c’est une des options que nous étudions pour la suite de Territoires en Résidences. Mettre en réseau la quinzaine de terrains où nous aurons travaillé au terme de l’année 2010, voire l’élargir à d’autres pour en faire des lieux d’expérimentations permanents, en tout cas réguliers.
Quid du "design embarqué" ?
Toutefois, l’analyse de Geoff Mulgan répond au cas classique de la prestation externalisée, confiée à un free-lance ou une équipe externe. Mais que se passe t-il lorsque la fonction "social design" a été pérennisée, qu’elle a été créée au sein même de l’organigramme d’une administration ou d’une agence publique, comme au MindLab ou au SILK ? Suffit-il d’établir un protocole ou des indicateurs de succès pour que la fonction puisse jouer son rôle ? On manque encore de recul sur ce type de fonction, mais l’on sait qu’un de ses principaux écueils est de trouver une forme de positionnement mixte, "dedans/dehors" : dedans pour la proximité décisionnelle et le fait d’être au coeur de la machine ; dehors pour conserver une forme de liberté d’intervention et de neutralité. Nul doute qu’il faudrait se pencher sur la façon dont les entreprises ont intégré ce type de fonction depuis les années 90, ou exporer le fonctionnement de dispositifs comme le "Google Labs" pour comprendre comme les acteurs publics, à leur tour, pourraient s’en inspirer.

*Dans l’assistance, de nombreux projets passionnants :
- Le "kit de design orienté humain", de l’agence IDEO (librement téléchargeable), ou comment permettre à tout un chacun de pratiquer le "social design"
- L’Australian Centre for Social Innovation, financé par le gouvernment, a travaillé avec les habitants sur Melbourne en 2032, notamment sur le système alimentaire. On retiendra l’approche design IDEA (d’ailleurs protégée par un copyright !), dans laquelle nous nous retrouvons bien : "Immersion > Exploration > Intervention > Démonstration"
- Le Living Labs de Malmö, consacré au "design for social innovation"
- Une nouvelle agence anglaise de social design, fondée par des anciens de Participle : InWithFor.
- Des designers qui travaillent sur l’articulation entre la ville et la campagne en Chine, en coordonnant les possibilités de développement des habitants des villages, en développant des échanges créatifs pour améliorer l’échange urbain/rural
Off !
Billet publié par Stéphane VincentTags: Créativité , Innovation , Politique publique , Provence Alpes Cote d’Azur , social

Social Innovation Exchange, à Lisbonne : Sortir de la crise par l’innovation sociale
Billet publié par Stéphane VincentTags: Créativité , Innovation , social
Un mois après LIFT with FING à Marseille, c’est à Lisbonne que soufflait un vent de résistance : "Recovery through social innovation" (en gros, "L’innovation sociale pour sortir de la crise"), tel était le thème de l’université d’été du Social Innovation Exchange à laquelle nous étions conviés à Lisbonne du 15 au 17 juillet. Aux commandes, la Young Foundation, dont le patron charismatique Geoff Mulgan a pris récemment les rênes pour en faire un "hub" international de l’innovation sociale, et à ses côtés, le British Council, l’association portugaise TESE, ou encore la fondation Calouste Gulbenkian qui accueillait l’événement.

Ceux qui voient dans l’innovation sociale un concept à géométrie variable n’auraient pas été déçus... Sur les 125 invités issus de 24 nationalités, des profils très variés : beaucoup d’entrepreneurs sociaux (et d’incubateurs d’entrepreneurs sociaux), des représentants d’ONG, quelques leveurs de fonds, des structures de micro-crédit, des designers "sociaux", des think-tanks spécialisés, quelques représentants d’agences gouvernementales -mais pas de ville ou d’autre collectivité. On retrouvait la diversité d’approches que décrit bien Hubert Guillaud dans ses trois billets sur l’innovation sociale. Un belle aperçu du dynamisme et de la profusion d’idées qui règne dans ce secteur. L’essentiel de ce qui s’est dit est visible sur le wiki de l’Université d’été, et sur twitter.
Au hasard des présentations et des conversations, voici quelques portraits, quelques initiatives marquantes et quelques idées clés...
Quelques brefs portraits pour se mettre dans l’ambiance
- Tonya Surman est la fondatrice du Social Innovation Center de Toronton, l’un des premiers du genre. Durant la conférence, ses réactions sur Twitter seront suivies et commentées par plus de 500 personnes.
- Won Soon Park est un étonnant designer coréen ; ses "faits d’armes" vont de la lutte anti-corruption, à la création de "l’Hapiness Design Academy" ou de "l’Experience Corps".
- Robin Murray est un vétéran de la cause, économiste spécialisé dans le développement durable, aujourd’hui à la Young Foundation ; on retiendra notamment un utile rappel des outils et méthodes de l’innovation sociale
- Frank Kresin est l’animateur bien connu par la Fing de la Waag Society, laboratoire des technologies appliquées à l’innovation sociale et fervent promoteur des Fab Labs

On pouvait également croiser dans les ateliers plusieurs représentants d’Ashoka, Cassie Robinson de l’agence de design Think Public que nous avions rencontré à Londres, Christian Bason l’animateur du MindLab du ministère danois de l’emploi et de l’économie (j’en ai profité pour l’interviewer), John Thackara (Doors of Perception) venu animer un atelier sur "comment réorganiser la chaîne de production alimentaire à l’échelle d’une région ?". Côté français, Marjorie Jouen, Notre Europe (et membre du conseil d’orientation de la 27e Région) auteur d’une lumineuse intervention sur la crise, et Morgan Poulizac, de l’Agence nouvelle des Solidarités Actives créée par Martin Hirch.
Quelques initiatives marquantes ou originales
Ted Matthews, chef de projet à la branche norvégienne du British Council, est l’un des principaux concepteurs d’un projet international, Creative City. L’objectif : associer les citoyens à l’avenir de leur ville.
Les designers hollandais de Kennisland (en anglais Knowledgeland, le pays de la connaissance) ont inventé le "Wiki loves art" (pendant une journée, le public a le droit de prendre des photos dans tous les musées de Hollande à condition de les publier sur des réseaux sociaux ; 5500 photos publiées sur Flickr dans 50 musées au terme de l’opération), la Kafka brigade pour chasser la bureaucratie (voir l’interview de Joeri Van de Steenhovenque nous avons réalisé), ou encore les Pioneer teachers (des enseignants récompensés pour leurs innovations sociales)
A l’image du SILK dans le comté du Kent en Grande-Bretagne, la Région de Midt, en Hollande, a mis en place un laboratoire de l’innovation sociale, le MidtLab.
Vincenzo Di Maria est chercheur au Design Against Crime Researche Center (University of the Arts London), qui élabore des produits et services susceptibles de limiter ou réduire la criminalité
Ca bouge également du côté des formations : La Hollande et la Norvège peuvent s’enorgueillir d’accueillir toutes deux la Kaos Pilot, école de design et d’innovation sociale. Et à Lisbonne, l’’équivalent du Polytechnico di Milano crée un Design and social innovation degree.
A l’échelle nationale, la Grande-Bretagne pilote un projet comparable à Iniciativa Joven, en région Estremadure : il s’agit du programme gouvernmental Creative Partnerships, visant à stimuler la créativité chez les jeunes anglais.
La Young Foundation fourmille de projets. Citons Healthy Incentives, Active Community Living et Supportmyparent.com, dans le domaine de la santé et du vieillissement ; un programme visant à re-responsabiliser les citoyens à leurs données, Mydex ; de nombreux projets pour stimuler la créativité des habitants, et travailler sur la ville de demain (London Collaborative, Future communities, Neighbourhoods futures, Local government Innovation, etc)

Quelques phrases entendues
Innover de l’intérieur ou de l’extérieur ?
Alors oui, c’est plus facile de l’extérieur du système, disent les entrepreneurs sociaux (comprendre par système, le gouvernement et les administrations)...mais la réalité est qu’une grosse partie de l’innovation sociale est financée directement ou indirectement par la puissance publique (et les fondations, outre-atlantique), et à un certain stade, pour vraiment transformer le système, il faut travailler avec nous ! disent les administrations...
La crise, fossoyeur ou dopant de l’innovation sociale ?
Certains voient dans la crise le risque que les acteurs publics réduisent les marges de manoeuvre et les possibilités, rationalisent (la RGPP, en France), coupent les crédits de l’innovation sociale au profit de formes d’innovations plus spectaculaires et à fort rendement économique, même si court-termistes. Beaucoup d’autres voient dans la crise, au contraire, une formidable occasion de transformer l’innovation, de repenser le système.
Innover, pour ne rien changer ?
Derrière l’innovation se cachent de formidables prétexte pour ne rien changer. Selon des participants, l’initiative anglaise "Reboot Britain" s’est déroulé comme un contre-exemple de l’innovation : comme dans le titre, on a changé de logiciel sans changer le système d’exploitation !
"Spread rather than scale" : disséminer plutôt que passer à l’échelle
L’innovation sociale, ça n’est pas répliquer des solutions toute faites, mais plutôt disséminer, débattre autour des bonnes idées qui améliorent quotidiennement l’existant. La nouvelle pratique, pas la bonne pratique !
Le drame, c’est le "social waste"
Ce qui crève le coeur d’un innovateur social, c’est que les compétences des gens, quels qu’ils soient, ne soient pas utilisées...
"Innovation sociale = des méthodes + des valeurs"
De nombreux ateliers très participatifs étaient organisés tout au long de l’Université, dont une large part était consacrée aux méthodes de l’innovation sociale. Les organisateurs ont profité de l’événement pour lancer un manifeste pro-innovation sociale, et pro-changement, "Fixing the future", en 10 points, résumés brièvement ici : quitter les politiques court-termistes pour travailler sur le plus long terme, encourager l’emploi dans les secteurs prioritaires -santé, environnement, éducation, tourisme, industries créatives-, promouvoir le multi-culturalisme et la créativité locale, investir dans l’innovation, encourager l’entrepreunariat, soutenir les nouvelles infrastructures -haut débit, nouvelles énergies-, garantir la sécurité par la protection sociale, récompenser l’investissement à long terme, mobiliser la créativité des publics, apprendre vite du meilleur de ce qui se fait dans le monde.
Ici, toutes les photos de l’événement sur Flickr.
Interview de Christian Bason, du MindLab
Billet publié par Stéphane VincentTags: Créativité , Innovation , prospective , social
L’innovation sociale préfère généralement cultiver son indépendance vis-à-vis du système... Par conséquent, peu nombreux sont les laboratoires d’innovation sociale "embarqués" au sein même des administrations, des gouvernements ou des collectivités locales. Le SILK (Social Innovation Laboratory of Kent), dirigé par Sophia Parker au sein du Comté du Kent, est l’un d’eux. A l’échelle gouvernementale, nous avions déjà identifié le MindLab, une cellule d’une quinzaine de personnes placée au sein même du ministère de l’emploi, de l’économie et des impôts danois. Je rencontrai pour la première fois Christian Bason, qui le dirige depuis 7 ans, au Social Innovation Exchange organisé par la Young Foundation à Lisbonne. Comme le SILK, le MindLab mobilise le "social design" pour améliorer des dispositifs et des services publics, mais il est également actif en termes de prospective. Je voulais l’interroger à ce sujet.

L’expression "friendly-government"revient souvent dans les publications du MindLab. Faut-il vraiment qu’un gouvernement soit "amical" ?
L’idée du "gouvernement amical" renvoie à l’idée d’un gouvernement qui serait capable de penser l’utilisateur en termes d’empathie, de collaboration, d’équité. C’est l’idée d’une relation mature, totalement renouvelée avec les gens, les utilisateurs, les administrés. Mais pour être franc, je sors tout juste d’un atelier dans lequel nous venons de faire évoluer cette notion... Je dois moi-même admettre que l’amitié n’est pas le sentiment premier lorsque le gouvernement me demande de payer mes impôts ou d’obéir à la police ! Obtenir le "meaningful government" [un gouvernement sensé, ou de bon sens ?] serait déjà une vraie victoire... si j’oublie de remplir une ligne de formulaire ou de joindre un document, je dois pouvoir m’attendre à une réaction moins obtue de la part d’une administration.
Le MindLab associe les agents à des démarches de prospective -notamment à l’approche dite de "backcasting". De quoi s’agit-il au juste ?
Dans les méthodes prospectives habituelles, on pratique le "forecasting" : on prolonge les tendances du passé pour mieux imaginer ce qui pourrait se passer. Au contraire, le backcasting consiste à partir d’un futur souhaité, celui que l’on souhaiterait atteindre. C’est une méthode qui fonctionne assez bien avec les décideurs et les élus, car ils aiment raisonner ainsi. Nous l’avons récemment appliqué à la question de l’investissement responsable dans les "technologies vertes". Sur une journée, nous avons réuni les principaux protagonistes, ceux en mesure d’influer sur la question posée : en premier lieu, des banquiers, des patrons de grandes entreprises, des élus et hauts fonctionnaires, des responsables syndicaux, des experts, des syndicats. L’important était que parmi eux, certains fassent de toute évidence partie de la solution. La première partie de la journée consistait à leur faire décrire une vision "idéale", de façon détaillée : combien faudrait-il investir au minimum pour atteindre l’objectif visé ? ça produirait quoi, concrètement, à la fin ? L’étape suivante consiste à définir, dans le temps, les étapes pour y parvenir : signer un protocole d’accord en 2014, par exemple. A ce stade ils devaient aussi décrire quelle serait leur contribution respective pour atteindre l’objectif visé. L’avantage de cette démarche est qu’elle représente déjà une forme d’engagement réciproque. Au terme de la journée, nous avons ainsi produit un vision commune, nourrie et informée par chacun des protagonistes, et un "blueprint", une ébauche de plan d’action. Les outils et les modes d’animation de cette session sont assez simples : nous étions deux animateurs, nous avions quelques outils pour stimuler le "remue-méninges" et illustrer la vision. Et surtout, la personne responsable de toute cette démarche était de façon explicite le fonctionnaire en charge du projet ; c’est lui qui assurait la direction de la démarche, et le MindLab était à la manoeuvre.
Dans quels cas le backcasting est-il adapté ?
Le backcasting est pertinent lorsqu’il s’agit de lancer une nouvelle politique ambitieuse, sur laquelle de nouveaux moyens sont programmés. Mais il nous arrive d’utiliser le forecasting sur certains projets. Récemment, ce fut le cas sur le "futur de l’économie créative". Nous utilisons alors des méthodes classiques de "scenario planning", inspirée des méthodes de Shell, dans les années 60. On suppose alors que le futur est trop incertain, mais qu’il y a des forces connues en jeu. On produit alors plusieurs scénarios.
Le MindLab met actuellement en oeuvre des méthodes pour créer plus de transversalité entre les ministères. Quelles sont ces méthodes ?
Pour parvenir à faire travailler des directions ou des ministères qui se sentent souvent en compétition, la clé est de faire oublier "qui est qui"... Un exemple : nous organisions un atelier auquel étaient associés, entre autres, une direction du changement climatique, une autre sur les sciences et les technologies. L’idée était tout d’abord de les réunir dans un endroit neutre -en l’occurrence le MindLab. Ensuite, l’objectif consistait à ce que chacun puisse contribuer sans jamais savoir de qui venait la proposition. Chacun disposait d’un ordinateur, et nous utilisions un logiciel en ligne appelé "Think tank" [voir la démo de l’éditeur Groupsystems sur Youtube], qui permet à chacun de s’exprimer anonymement, mais aussi de classer, produire des commentaires et d’étoffer les contributions des autres. Les contributions sont projetées à l’écran. Le temps d’un atelier, nous avions ainsi recréé au sein d’un groupe les principes d’un blog participatif : c’est la qualité des contributions qui est valorisée, pas le statut ni l’identité de ceux qui en sont à l’origine.
Kafka dépoussière les administrations hollandaises
Billet publié par Stéphane VincentTags: admninistration , Citoyenneté , Créativité , Innovation , social
Interview d’une minute ou presque de Joeri Van de Steenhoven, de l’agence Kennisland (en anglais Knowledgeland), à propos de la "Brigade Kafka", un opération commando visant à chasser la bureaucratie au sein des administrations ! Un entretien réalisé à Lisbonne, durant notre participation au Social Innovation Exchange.
La Doua, une ville-université
Billet publié par Stéphane VincentTags: Emploi , enseignement supérieur , recherche , Rhône Alpes , social , Territoires en résidences , université
Bien que l’enseignement supérieur ne soit pas une compétence des Régions, toutes s’impliquent fortement dans les universités. Elle soutiennent leurs projets à travers des contrats pluriannuels, et participent à la construction et à la rénovation des bâtiments universitaires et des logements étudiants. C’est notamment le cas de la Région Rhône Alpes et de l’Université de Lyon 1.
Julie Bernard, architecte lyonnaise et moi-même étions conviés le 3 juillet à visiter la Doua, le campus principal de Lyon 1, en vue d’un projet de résidence, dans le cadre du programme "Territoires en Résidences". Nous étions invités et accompagnés par Nicolas Coltice, directeur de l’iCAP (Innovation, Conception et Accompagnement pour la Pédagogie), avec qui nous envisageons une résidence depuis quelques semaines. L’iCAP est un service composé d’une trentaine de personnes, a pour objectif l’amélioration de l’enseignement et l’innovation pédagogique. L’iCAP a également en charge l’animation du service SPIRAL (Serveur pédagogique interactif de ressources d’apprentissage de Lyon 1). Une sélection de photos prises par Julie est sur Flickr, mais l’Université de Lyon 1 propose également une photothèque en ligne où l’on peut voir la Doua.
La Doua est un campus ouvert, immense, une véritable ville, avec ses codes, où chaque bâtiment porte le nom d’un génie des sciences et des grandes découvertes : Pascal, Carnot, Pasteur ou Vernes. Mais on retient d’abord les appellations maison, tel le déambulatoire, long hall qui traverse l’un des bâtiments. Sous la chaleur de juillet, la visite est passionnante mais l’on devine qu’elle ne suffira pas pour toucher du doigt les innombrables perceptions que doivent en avoir les nombreux habitants des lieux : dans un espace aussi vaste, on se dit que chaque étudiant, chercheur, enseignant ou agent doit nécessairement emprunter son propre itinéraire et posséder sa vision des lieux, irréductible à une vision unique.
Parmi les thèmes d’exploration envisagés : la vie du nouvel arrivant à la Doua ; c’est quoi, être citoyen dans une fac ? ; le développement durable "du quotidien" ; ma vie numérique à l’université ; comment redonner goût aux sciences ? ; ou encore, trouver du boulot après la fac... Rendez-vous à la rentrée pour la suite, avec une résidence qui pourrait débuter à l’hiver 2009.
Le rapport d’étonnement de Julie Bernard :
Ivo Gormley, UsNow : "La collaboration de masse va bouleverser l’organisation des gouvernements"
Billet publié par Stéphane VincentTags: Innovation , social , Web2.0
Versailles ou UsNow. On avait le choix, ce lundi 22 juin, entre se retrouver au Congrès de Versailles avec le président Sarkozy, ou rester à l’Assemblée nationale pour débattre avec Ivo Gormley, venu spécialement de Londres, et une soixantaine de personnes de son documentaire consacré au "pouvoir des foules sur l’internet".
A mon sens, c’est la première fois qu’on parvient à expliquer le succès des médias sociaux par autre chose que des arguments techno-centrés. Pour Ivo, c’est d’abord une affaire de confiance -une confiance qui existe déjà de façon sous-jacente, mais que les fonctionnalités déployées par les médias sociaux parviennent à valoriser et à porter à grande échelle. C’est bien cette confiance à grande échelle qui échappe aux radars du politique, et tend à combler les manques de nos gouvernements ou les errements de nos banques (voir l’exemple de Zopa).
La soirée était également retransmise sur Second Life par nos amis du Métalab3D. Retrouvez en ligne l’intégralité du film sous-titré collaborativement (via Dotsub) en français pour l’occasion, et tous les rushes du film, des bonus, etc. Grand merci à Ivo, et à tous les participants pour cet agréable moment.

Social innovation in UK
La réunion était également l’occasion pour Francine Bavay (Vice-présidente de la Région Ile-de-France), Christian Paul (Député et vice-Président de la Région Bourgogne) ou Bertrand Rigal (Région Champagne Ardenne) de commenter les premiers enseignements du déplacement organisé en mai dernier à Londres par la 27e Région, sur le thème du design social, et de l’innovation sociale "made in UK". Grâce à User Studio, organisateur du voyage avec les 27e Région, ces enseignements sont soigneusement décrits dans ce document à télécharger.
Quand les citoyens gèrent eux même leur budget de prestations sociales
Billet publié par Anne DaubréeTags: capacitation , Innovation , social
Donner aux citoyens la possibilité de définir eux mêmes leurs propres besoins et les moyens pour les satisfaire : tel est le principe qui guide les projets deIn Control, une organisation à but non lucratif qui se donne des objectifs sociaux. Simon Duffy, son fondateur, a présenté sa philosophie et des exemples concrets de réalisation à la 27e Région, lors de sonvoyage d’études londonien. Pour lui, l’Etat doit revoir ses règles de fonctionnement et cesser de fournir des prestations à un usager passif, car les gens sont heureux lorsqu’ils sont actifs dans leur communauté.
Un budget en autonomie
Sous l’impulsion de In control, cette approche est aujourd’hui pratiquée dans une centaine de collectivités locales au Royaume Uni, dans le domaine de la santé ou encore du « social care », qui s’occupe des personnes âgées et handicapées. Concrètement, ces personnes définissent un programme où elles précisent leurs besoins, à l’aide des services sociaux, et se voient attribuer un budget. Et elles achètent ensuite les prestations correspondantes. Exemple, propose Simon Duffy, un homme qui se sent très mal à l’aise à cause de son poids va acheter les services d’un « personnal trainer » pour se tirer de là. Autre exemple, une femme qui souffre d’un cancer va se donner les moyens logistiques de se rendre à son cours d’art, qui la rend heureuse. Les services sociaux suivent l’application des « plans », et peuvent intervenir (à l’extrême, en retirant le budget). Mais « il n’y en a jamais eu besoin » note Simon Duffy. Par précaution, le budget est distribué chaque semaine ou mensuellement. D’après In control, les études révèlent que 47% des personnes concernées se sentent en meilleure santé, et 76% d’entre elles considèrent que leur qualité de vie s’est améliorée. Et le système serait plus économique pour les pouvoirs publics.

- le site internet Shop4support
Une manne pour les « good persons » ?
Le projet met en lumière la distorsion importante entre les prestations choisies par les usagers, et celles dans lesquelles investit le plus largement le « social care ». Le deuxième poste des dépenses publiques, dans ce cadre, sont les « days center »( qui dispensent des prestations sociales ou de santé, dans des lieux en général publics). Ils ne sont quasiment pas demandés par les usagers qui effectuent leurs propre choix, qui optent prioritairement pour des loisirs, et de l’aide à domicile. Pièce importante du dispositif : www.Cshop 4, actuellement en test. Il s’agit d’une sorte de place de marché des prestations accessibles aux usagers, mis en place par In control. « je voulais que cela soit ouvert, et que cela ne soit pas initié par l’un des gros acteurs du marché » explique Simon Duffy. Et, s’il qualifie les acteurs privés qui participent de cette réforme de « good persons », ( des gens comme il faut), cette précaution en dit long sur l’un des risques de cette réforme : faire des usagers disposant d’un budget la cible marketing d’un secteur privé qui obéit à sa logique économique, sans souci de santé publique. Un risque d’autant plus important que, si presque la moitié des usagers a choisi de confier la gestion de son budget à une autorité publique, Simon Duffy explique « c’est rassurant pour eux, et cela permet de faire une transition en douceur ». Un garde fou qui pourrait donc disparaître. Aujourd’hui, ce système est pratiqué dans une centaine de collectivités locales, et pour certaines, c’est la moitié des usagers qui sont impliqués. Il a démarré en 2003.
La 27e région organise le marathon londonien de l’innovation sociale
Billet publié par Anne Daubrée dans la catégorie 27e RégionTags: Design , Innovation , social
C’est un véritable marathon de l’innovation sociale que nous avons mené à Londres, du 11 au 13 mai. Pour son premier voyage d’études, la 27e région, aidée de User Studio pour l’organisation du séjour, est partie à la rencontre des innovateurs sociaux britanniques. Objectif : découvrir principes et techniques novatrices de politique publique, pour nourrir nos propres réflexions. Lundi matin : Tout le monde se retrouve sur le quai de l’Eurostar, à Paris : avec nous, des représentants du Limousin, du Nord-Pas-de-Calais, de la Bourgogne, d’Aquitaine et Champagne Ardennes et aussi des membres de la Fing et d’une représentante d’Orange Lab et une étudiante de l’ École Nationale Supérieure de Création Industrielle. En tout, une vingtaine de personnes. 7h43, le train démarre, on se réveille en consultant le programme – dense - des trois jours à venir : treize rencontres avec les acteurs de l’innovation sociale. Le programme complet est ici.
Un accueil chaleureux
A Londres, c’est tout d’abord Catherine Fieschi, de Counterpoint, le think tank du British Council, organisme de "diplomatie culturelle » indépendant, et qui nous avait aidé à préparer ce voyage, qui nous accueille chaleureusement. Elle nous dresse un panorama de l’innovation sociale au Royaume –Uni : Après dix ans de Tatchérisme et de privatisation de services public, un gouvernement Blair qui a tenté de remettre en état les infrastructures publiques, Gordon Brown a initié un nouveau tournant, en 2001, donnant plus de moyens aux agences indépendantes. C’est l’avènement de l’innovation sociale, avec l’expérimentation de nouvelles méthodes pour répondre aux besoins sociaux.
Toutes les agences qui les pratiquent partagent des grands principes, comme la participation des individus à la définition des services qui les concernent, la nécessité d’avoir une démarche de design de service, et la conviction que les personnes doivent être « mis en capacité », rendus maitres de leurs décisions et acteurs dans leurs relations avec les organismes publics. Chacun nous exposera les détails de sa méthode, au fur et à mesure des rencontres. Sophie Parker nous parle de l’un des projets les plus aboutis, le Silk, laboratoire de politiques publiques qu’elle a fondé pour le comté du Kent, et qui attirait notre intérêt depuis longtemps. Direction ensuite le Design Council, agence nationale du design, chargé des sa promotion dans le domaine des services. Nous y apprendrons notamment qu’après l’opération DOTT07 (Design of the times 2007) organisé dans la Région du North East England, et qui avait un peu inspiré notre travail sur Territoires en Résidences, un DOTT09 est en préparation dans la Région des Cournouailles.
La mécanique de l’innovation au scalpel
Mardi et mercredi, nous rencontrons plusieurs de ces agences (sociétés privées, ou organismes à but non lucratif) et think thank qui pratiquent l’innovation sociale, comme Participle, Think public, Live work, Engine design service, ou encore In control et la Young Generation.
Le contact avec les équipes est toujours chaleureux. Elles décortiquent leurs projets, pour nous expliquer leurs méthodes. Certaines nous reçoivent dans leurs locaux : espaces de travail informel, touches d’humour et de créativité avec Playmobils à l’entrée, en guise en hôtesses d’accueil chez Engine Design service, et nounours déguisé en Bobbie chez Think public. Mais surtout, au mur, des photos de groupes de personnes entrain de discuter, de travailler ensemble. Envolée de ballons bleus, par exemple, sur les photos de Think public. Ce sont des « ballons de vote » lancés par des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer. L’équipe de l’agence nous explique , comment elle a travaillé avec eux pour élaborer des services les concernant. Engine design service nous raconte, elle, comment elle a travaillé avec des agents de maisons de services publics, pour améliorer le fonctionnement de ces institutions. Live Work nous parlera de l’importance d’une approche par des cas individuels et de l’apport du design, dans son projet d’accompagnement des chômeurs très désocialisés vers une recherche d’emploi. Engine Design Service reviendra sur les suites données au projet "Our New School", dans lequel toute la communauté locale avait été associée à l’avenir du collège de la ville de Walker -voir l’interview que nous avons réalisée de Steve Lee, ci-après.
Rencontres à suivre
Geoff Mulgan, de la Young Generation, un think thank historique sur le sujet, ou Charles Leadbeater, pour l’agence Participle, nous ont eux plutôt livré leur analyse de ce qu’est l’innovation sociale, des conditions de la réussite des projets (par exemple, savoir faire le lien entre les autorités, qui peuvent initier des projets, et ceux qui ont la volonté de les porter, sur le terrain) et de leur diffusion : comment faire pour que l’innovation sociale devienne un projet politique global ? Des questions dont ils discutent aussi, car c’est loin d’être le cas aujourd’hui, même au Royaume-Uni. De fait, nos interlocuteurs étaient aussi très curieux de savoir ce qui se passait en France aussi, et avides de comparaison. Rencontrer des personnes, dont certaines étaient porteuses de projets que nous suivions déjà, comme le Social innovation camp et tisser des liens qui nous permettront de continuer à échanger de façon fructueuse. C’est l ‘un des grands apport de ces rencontres. Geoff Mulgan, par exemple, nous a signalé une rencontre internationale des innovateurs sociaux, qui se tiendra à Lisbonne en décembre prochain. Après quoi, nous sommes repartis au pas de course, direction la gare. Avec en tête, de nouveaux questionnements et de nouvelles idées.
Charles Leadbeater, comparant eBay à l’organisation des services publics...
En marge du voyage
* UsNow, un film d’un ethocinéaste, Ivo Gormley, était projeté en public, le 12 mai. Se basant sur différentes histoires comme celle d’un étudiant qui part voyager chez des inconnus rencontrés via internet, ou d’une équipe de foot gérée par des Internautes, ce film explore toutes les potentialités positives issues du développement de nouvelles relations entre les individus sur Internet. Avec un pari volontairement optimiste : celui d’une société de la confiance, dont le film analyse finement les mécanismes. Et une question : quelles évolutions pour nos démocraties ? Les hommes politiques interviewés dans le film sont bien en peine d’y répondre. La 27e région prévoit de projeter le film, le 9 juin, à Paris.
** Le Cabinet office, un service support du gouvernement, sur les processus publics, avait invité la 27e région à participer à une journée de réflexion sur la réforme des services publics. Le 14 mai, nous y avons rencontré le quasi homologue de la 27e région, le service design authority , rattaché au cabinet office.
La liste complète des participants . Francine BAVAY, vice-présidente , Région Ile-de-France , Claire BERNARD, Directrice des études , Association des Régions de France Sylvie DEPRAETERE, Assistante auprès de la délégation du SRADT , Région Nord-Pas de Calais Hubert GUILLAUD, Rédacteur en Chef , Internet Actu Pierre-Jean LORENS, Directeur développement durable, prospective, évaluation , Région Nord-Pas de Calais Thierry MARCOU, Chef de projet "Villes 2.0" , Fondation Internet Nouvelle Génération Matthew MARINO, Designer , UserStudio Muriel MARTIN-DUPRAY, Directrice générale adjointe , Région Champagne-Ardenne Sylvie CHAPPELET, Chargée de mission Économie Sociale et Solidaire , Région Limousin Céline COLUCCI , Lyons-Infocités Anne DAUBRÉE, Veille , la 27e Région Christian PAUL, Vice-Président , Région Bourgogne Denis PELLERIN, Designer , UserStudio Bertrand RIGAL, Chargé de mission TIC Région Champagne-Ardenne Carole-Anne RIVIÈRE, Chef de projet "Plus longue la vie" , Fondation Internet Nouvelle Génération Romain THÉVENET, Chargé de mission design de services , La 27e Région Sophie TROUILLET, Développement culturel , Grand Projet des Villes Bassens - Cenon - Floirac - Lormont Stéphane VINCENT, Directeur de projet , la 27e Région Mathilde SARRÉ-CHARRIER, Responsable de l’Objet Recherhce Futurology , Orange Labs Charlotte RAUTUREAU, Responsable Europe, la 27e Région Laura PANDELLE, étudiante , École Nationale Supérieure de Création Industrielle (ENSCI) - les Ateliers














