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Jan 13 2010

A télécharger : Vers une citoyenneté augmentée, bilan d’une résidence conduite à Rennes

Billet publié par Stéphane Vincent dans la catégorie 27e Région
Tags: Créativité , Innovation , Quartier , technologies de l’information , Territoires en résidences

Que faire des réseaux sociaux ? Dans la jungle des Facebook et autres Twitter, y a t-il de la place pour des usages collectifs et sociaux, utiles à la société ? C’était le thème d’une nouvelle résidence conduite avec la Région Bretagne, l’association Bug et en complicité avec la Ville de Rennes. Aux commandes : une équipe constituée de Jacky Foucher, designer, agence créative Grrr, Pierre Cahurel, designer, agence créative Grrr, Catherine Jourdan, artiste, collectif La Glacière, et Margot Lebrin, designer-stagiaire, agence créative Grrr.

Aujourd’hui, environ 1 600 rennais sont inscrits à laruche.org, le réseau social concocté par l’association Bug. Quelle alternative citoyenne est possible, à côté des réseaux sociaux à vocation commerciale et publicitaire ? Après une série d’ateliers, de visites et d’entretiens, l’équipe a proposé que la réflexion s’articule autour de quatre axes : une représentation de la communauté accessible à tous, un contenu à la fois informatif et sensible, un responsable identifié et force de propositions et une présence dans l’espace physique.

Au final, trois expériences ont été tentées. La première concernait l’affichage de la carte de « la Ruche » dans le réel, sur des panneaux urbains et bientôt dans le magazine municipal. La seconde a porté sur le « partage de souvenirs » : avec la complicité des agents municipaux, les premières phrases de récits écrits par les habitants ont été imprimées sur le bitume, dans quelques quartiers ; chacun peut ainsi lire la suite en allant sur le réseau social. Un service de co-voiturage a été également testé et des panneaux d’information plantés aux abords de lieux de stationnement sauvage. Par ailleurs, quatre autres projets ont été maquettés, intitulés respectivement : ma bulle publique, le calendrier commun, le label Ruche et des groupes « vraiment » publics.

Tous les projets menés dans le cadre de Territoires en Résidences peuvent être suivi en temps réels sur ce blog, et donnent lieu à une publication. Notre première résidence menée au Lycée Jean Moulin de Revin a donné lieu à un premier livret, et d’autres sont sur le point d’être publiés.

Avr 13 2009

Repenser le projet urbain : le collectif Didattica à la Cantine le 21 avril

Billet publié par Stéphane Vincent
Tags: Architecture , Quartier , Quotidien , Territoires en résidences

Léa Longeot et Elise Macaire animent le collectif d’architectes Didattica, basé à Paris. Elles viennent nous parler de leur travail et de leurs méthodes d’action, le mardi 21 avril à 14h. Leur intervention sera précédée d’une présentation de l’actualité du programme d’expérimentations de la 27e Région, Territoires en Résidences. L’intervention aura lieu à la Cantine. L’inscription est nécessaire, il suffit de cliquer sur ce lien (20 places maximum)

Après la Région Estremadure, puis le collectif Le Bruit du Frigo, nous poursuivons notre tour des nouvelles méthodes d’action publiques avec le collectif Didattica. L’association didattica est un collectif créé en 2001 au sein de l’Ecole nationale supérieure d’architecture de Paris La Villette. Elle rassemble aussi bien des étudiants de différents champs que des architectes, des sociologues, des artistes, des professeurs et enseignants, que des chercheurs.

A partir d’ateliers pédagogiques et participatifs de création, d’événements culturels et scientifiques, de recherche, de publications, Didattica cherche à encourager le développement de la sensibilité à l’architecture et à l’aménagement. Elle vise à soutenir les acteurs de la vie scolaire, associative, politique et les habitants dans l’appropriation de leur environnement, dans le développement de connaissances et dans la participation à des projets. Didattica nous parlera notamment de ses actions à Champigny sur Marne, et de l’étonnant travail réalisé avec les rroms à Montreuil.

Il s’agit, pour les membres de Didattica, de donner accès à la création, en tant que celle-ci permet l’apprentissage de savoirs et savoirs faire, l’émancipation individuelle, et favorise ainsi une citoyenneté créative. La méthode de didattica peut être résumée autour de deux orientations : la pédagogie du projet et le projet pédagogique.

Inscription en ligne ici.

Avr 13 2009

Région Ile-de-France : les associations à la rencontre du numérique

Billet publié par Stéphane Vincent
Tags: Associations , Citoyenneté , Démocratie , Développement local , Ile-de-France , Paris , Quartier , solidarité , Ville , Web2.0

La Région Ile-de-France organisait en novembre dernier une journée dédiée au rôle nouveau des outils et médias numériques dans la vie des associations franciliennes. Près de 500 personnes y assistaient. Les actes viennent seulement d’être mis en ligne, mais cette attente est bien récompensée par de nombreux comptes-rendus, photos et vidéos de cette journée très dense.

L’atelier que j’animais portait sur l’irruption des outils numériques dans le débat public. Plusieurs témoignages (Bondy Blog, la Télé Libre, Christophe Grébert) convergeaient pour montrer à quel point l’autonomie des habitants et citoyens (la "capacitation" dont Philippe Aigrain se fait l’écho) pouvait aujourd’hui passer par la maîtrise du langage audiovisuel et numérique, la capacité à s’exprimer via un blog ou un podcast, et qu’il y avait là le terreau de nouveaux projets collectifs. L’un des rôles possibles pour la Région pouvait alors consister à encourager, démultiplier par tous moyens -en particulier à travers le tissu associatif- cette capacité des habitants franciliens, à bloguer, filmer leurs vie, leurs aspirations, leurs problèmes.

Les participants à cette table ronde : Dorothée Browaeys, Vivagora, qui a pour objectif de promouvoir une culture de débat sur les questions scientifiques et techniques ; Céline Braillon et Bruno Lestienne, Adels, lieu d’échange et de propositions pour le développement de la démocratie locale ; Nordine Nabili, directeur de l’agence Proxiprod et rédacteur en chef du Bondy Blog ; Olivier Blondeau, sociologue, étudie les usages de l’Internet et plus précisément, les usages politiques et militants du réseau ; John Paul Lepers, directeur de l’Information de La « TéléLibre », télévision citoyenne sur internet ; et Christophe Grebert, animateur du site "webcitoyen", qui vise à défendre le droit d’expression et à favoriser l’émergence du débat public dans les villes françaises.

A noter ce site, "Projets citoyens", créé dans le prolongement de cette journée par la Région Ile-de-France et destiné à mettre en réseau et capitaliser l’ensemble des efforts mis en oeuvre par les associations franciliennes.

Mar 31 2009

Visite guidée pour une résidence à Rennes

Billet publié par Romain Thévenet dans la catégorie Solidarités
Tags: Bretagne , Créativité , Développement local , Innovation , Quartier , Territoires en résidences , Web2.0

Visite à Rennes aujourd’hui pour déterminer l’opportunité de construire une résidence autour des sujets numériques, au sein de l’association Bug, initiatrice et porteuse du projet "La Ruche".

Voici d’abord le diaporama de présentation du contexte de cette résidence :

Contrairement à d’autres sujets de résidence, le contexte ici est un contexte déjà innovant mais qui arrive au bout de ses capacités d’innovation, faute de temps. La posture des résidents doit se concentrer sur la valeur ajoutée de notre opération : travailler en coconception avec les habitants, usagés ou non de la Ruche, et traitement des questions numériques dans des approches ancrées dans la réalité.

Suite à différentes discutions avec Richard Delogu, le gérant de l’association Bug, nous avions fléché trois types de sujet possible pour une résidence chez eux :
- > l’essaimage de "ruches" : Dans quelles conditions est-il possible de reproduire l’initiative de la Ruche dans d’autre municipalités ?
- > l’openstreetmap : Quelle alternative libre et collective à Google maps, pour géolocaliser les informations de la Ruche ?
- > l’identité numérique : Comment mieux gérer son identité numérique est profiter de la "mission d’intérêt général" de la Ruche pour protéger une partie de ses informations ? Cette première visite a permis d’affiner le choix de ces sujets.

Etaient présents dans les différentes discussions de la journée :

  • Pierre Cahurel du bureau de design Grrr… membre du collectif Pomme Z et Renaud Francou chef du projet Identité Active à la Fing, qui étaient venus avec moi, l’un pour sa vision du "design thinking" et l’autre pour son expertise sur les questions numériques.
  • Richard Delogu directeur de l’agence Bug
    -  Sébastien Sémeril, adjoint au Maire à la ville de Rennes
  • Hugues Aubin, chargé de mission TIC à la Ville de Rennes
  • Norbert Friant, responsable de la direction TIC à Rennes Métropole
  • et Emmanuelle Botta, chargée de développement territoriale et du dispositif cybercommune à la Région Bretagne.

L’essaimage et l’openstreetmap ne sont, après discussions, des sujets pas assez mûrs dans l’évolution de la Ruche.

De nombreux sujets possibles

Nous avons donc orienté notre discussion autour de l’identité numérique. En effet, La Ruche a la particularité d’être un réseau social "d’intérêt public", où toutes les données personnelles sont protégés et toutes nos traces peuvent être effacées sur simple demande, contrairement aux réseaux sociaux classique. Peut-on se servir de cette plate-forme comme d’un moyen de sensibiliser les gens à l’importance de leur identité numérique ?

Nous avons eu toute une réflexion également sur l’autre particularité qui fait de ce réseau un espace ancré dans la vie réelle, proche des gens et dont les gérant et administrateurs vivent et travaillent au cœur de Rennes. Ce qui permet d’envisager des expérimentation mêlant expérimentation dans l’espace public, et expérimentation sur le web.

Comme nous l’a souligné Richard Delogu, il n’y a pour l’instant que très peu de fonctionnalité sur ce réseau… mais beaucoup sont d’ors et déjà imaginées. Un porte-folio par exemple pourrait être lié à ce réseau social et faire écho à la présentation du porte-folio territorial que nous avions envisagé à Caen.

Une idée qui engloberait toutes ces propositions

Finalement, le sujet principal qui ressort de cette visite est l’idée de définir la Ruche, comme un laboratoire d’innovation numérique et solidaire. Peut être pourrions nous nous servir de ce réseau local, comme un lieu d’expérimentations d’intérêt général, permettant de comprendre les effets d’un réseau social et les liens qu’il entretien avec son territoire. L’équipe de résidents pourrait permettre d’identifier et rencontre les adhérents prêts à expérimenter de nouvelles fonctionnalités en "mode prototype" propre à la résidence. L’équipe de Bug pourrait construire l’espace de ces expérimentation dans un lieu dédié sur la plateforme numérique.

La suite aura lieu lors de la journée de repérage avec tous les résidents, dès que la Région Bretagne sera engagée à nos côtés.

Mar 26 2009

Un après-midi avec le Bruit du Frigo

Billet publié par Charlotte Rautureau
Tags: Architecture , Créativité , Espace public , Quartier , Ville

Le 3 mars dernier, Gabi Farage est venu faire du « bruit dans le frigo » de la Cantine. Cet architecte de formation nous a parlé, lors d’un après-midi, de ses méthodes d’interventions dans l’espace public. Au cœur de son discours, la question de l’appropriation de l’architecture par les usagers où comment revenir à une approche des lieux centrée sur les usagers et pensée par eux.

A travers divers exemples, Gabi Farage nous a expliqué comment il intervenait sur les territoires avec son collectif bordelais leBruit du Frigo. Ateliers d’urbanisme participatif, interventions artistiques dans l’espace public, résidences artistiques, actions de détournement, aménagements éphémères… l’imagination et la poésie de Gabi et son équipe ne manquent pas quand il s’agit de proposer aux habitants d’un territoire des solutions de développement désirable (et durable).

L’exemple de Nantes, où le Bruit du frigo est intervenu dans le quartier enclavé de Breil-Malville afin d’imaginer avec les habitants et usagers du quartier les transformations possibles de cet espace, illustre bien la créativité du collectif. Afin de favoriser le dialogue avec la population du quartier, le Bruit du frigo a installé un Bistrot et atelier temporaire, vecteur convivial pour travailler avec les habitants autour du devenir de leur quartier et créer du liant autour d’un projet commun.

Autre lieu, autre méthode… A Marseille, le Bruit du Frigo a proposé une résidence artistique au théâtre de la "Gare Franche". L’objectif était de construire des relations humaines et artistiques dans le quartier en appelant ses habitants et acteurs à participer à diverses actions comme, par exemple, la construction de mobilier urbain à partir de la valorisation de rebuts. Si les femmes et les enfants se sont montrées réceptifs au projet, il a fallut user d’adresse pour intégrer activement les hommes du quartier au projet, comme titiller leur égo en enrôlant une femme comme chef de chantier…

Autant d’exemples, d’approches, de perspectives qui viennent nourrir nos réflexions sur la façon d’innover « par et pour les gens ».

Mar 23 2009

Des "Cantine"pour favoriser l’innovation dans les territoires

Billet publié par Anne Daubrée
Tags: Economie , Innovation , Midi Pyrénées , Paris , Politique publique , Quartier

Comment permettre l’essaimage d’un dispositif, en l’adaptant à la variété des territoires dans lesquels il est susceptible d’être implanté ? Ce 9/3, à la Cantine, , des membres fondateurs du lieu et Nathalie Kosciusko-Morizet, secrétaire d’Etat au développement de l’économie numérique, ont annoncé le démarrage d’une étude (3 mois) destinée à promouvoir l’émergence d’un réseau de « Cantine ». Cette dernière vise à favoriser l’innovation et l’émergence de projets dans l’économie numérique, avec un fonctionnement novateur, en phase avec le secteur.

La Fing, la Fondation Internet nouvelle génération, participera à l’étude, destinée à faciliter l’appropriation de la démarche par d’autres acteurs sur les territoires. « La variété des territoires, les dynamiques d’acteurs différents vont produire des cantines différentes » a commenté Daniel Kaplan, délégué général de la Fing. De fait, « L’objectif de l’étude sera de stabiliser le concept « Cantine », sans l’enfermer, pour détourer un cahier des charges et lancer un appel à projet ou une labellisation. Il faudra établir des lignes directrices suffisantes et nécessaires pour être identifié comme Cantine, avec des options » a précisé Nathalie Kosciusko-Morizet, dont le secrétariat d’état soutient le projet. Outre à fournir un cadre de travail pour d’éventuels acteurs qui souhaitent monter un projet similaire, ce document constituera également un « outil d’aide à la prise de décision, pour convaincre les partenaires publics et privés » souligne Vincent Marcatté, président du pôle de compétitivité Images et réseaux, présent par visioconférence.

Un lieu et des formats d’animation

Ouverte depuis janvier 2008, la Cantine parisienne abrite des rencontres informelles entre acteurs de l’économie numérique, qu’il s’agisse de start-up, d’acteurs publics ou de grandes entreprises, mais également d’individus qui y trouvent un espace de travail. C’est également là que l’équipe de la 27e région a trouvé un nid. « Ce n’est pas seulement un toit. C’est aussi un format d’animation », précise Jean-Baptiste Roger, conseiller technique pour les Tics, auConseil régional d’Ile de France. Ce dernier fait partie des partenaires, publics et privés, qui participent au projet, aux cotés deSilicon sentier, association d’entreprises technologiques basées en île de France, Orange, et la Mairie de Paris, notamment. S’il est difficile de quantifier le nombre de contrats signés ou de projets nés dans ces lieux, depuis un an, le bilan est riche : 530 événements s’y sont déroulés, de formats très divers, qu’il s’agisse de conférences, de petits déjeuner presse, ou encore de réunions entre acteurs du secteur. Et de nombreuses sollicitations par des acteurs territoriaux. Outre à avoir séduit Nathalie Kosciusko-Morizet, le dispositif de la Cantine intéresse déjà d’autres acteurs de types variés, situés dans d’autres régions, comme Manche Numérique, le syndicat mixte d’aménagement numérique du département, le pôle de compétitivité breton Images et réseaux, etla Mêlée, une association qui fédère les acteurs de l’économie numérique en Midi-Pyrénées. Tous trois souhaitent se doter de dispositifs qui s’inspirent de la Cantine, en l’adaptant à leurs contextes locaux.

Cantines en réseau

Morgan Hervé, responsable développement & prospective à Manche numérique, entend décliner le concept de la cantine, « mixer créatif », mais en trouvant une «  alchimie territoriale. La Manche est un territoire très étiré. Nous n’aurons pas forcément une seule unité de lieu. Ce qui nous intéresse, c’est le réseau. Et il nous faudra aussi trouver des façons de mesurer l’innovation » précise-t-il. Vincent Marcatté, président du Pôle Breton Images et réseaux, entend, lui, adapter l’idée à un territoire qui couvre la Bretagne et le pays de la Loire, « pour que les partenaires académiques, les PME, les grands groupes, travaillent ensemble plus vite. L’ambition du pole est de créer des cantines en réseau, en commençant par Nantes et Rennes ». Plus au sud, à Toulouse, la Mêlée cherche un « effet de levier ». « C’est un frein de ne pas disposer d’un lieu où organiser des rencontres inorganisées, car beaucoup de choses se passent comme cela » commente Jean Pierre Bayol, son délégué général, qui propose d’enrichir le projet avec leurs propres savoirs faire. Ces ambitions qui rencontrent celles de la Cantine parisienne qui « cherche à déployer un réseau, et pas seulement à Paris. Nous serions ravis de travailler avec d’autres » précise Jean-Baptiste Roger.

Mar 18 2009

Les espaces publics numériques, laboratoires de l’action publique

Billet publié par Stéphane Vincent
Tags: Développement local , Espace public , Formation , Innovation , Intergénérationnel , Politique publique , Quartier , rural

Avec d’autres collègues, je participais en tant que grand témoin (ciel !) aux rencontres UNIS (Usages nouveaux de l’internet social) organisées sous l’égide de la Région Provence Alpes Côte d’Azur à Draguignan, ce mardi 17 mars. Voici ma conclusion sous forme de rapport d’étonnement, au terme de cette journée réellement réjouissante, dans une salle bien remplie et avec des intervenants de très grande qualité.

Une conviction, tout d’abord : les espaces publics numériques (en Paca, les ERIC) sont devenus de véritables laboratoires de l’action publique sur lesquels les acteurs publics « traditionnels » feraient bien de se pencher plus sérieusement… Je m’explique. En 10 ans d’existence, les milliers d’espaces publics initialement conçus par les collectivités locales et les associations pour « réduire la fracture numérique » ont depuis longtemps quitté la simple sphère de la sensibilisation à l’internet : sans cesser de peaufiner des méthodes d’apprentissage du numérique toujours plus originales, ils ont peu ou prou dû endosser le rôle d’auxiliaire de toutes les grandes politiques publiques dites « nobles » : emploi, formation, culture, citoyenneté, lutte contre l’exclusion, etc. Prenons l’emploi, par exemple. Aujourd’hui, où un chômeur va t-il le plus facilement se mettre en quête d’un travail : dans un Point Emploi ou au sein d’un espace multimédia ? Les acteurs traditionnels ne sont le plus souvent pas équipés pour le nouveau monde de l’emploi, qui a massivement franchi les frontières numériques, où gravitent dorénavant des centaines de sites de recherche d’emploi privés, de « job boards », blogs et autres réseaux sociaux devenus indispensables pour créer son existence professionnelle, quelle que soit sa qualification. Là où l’internet allait provoquer une transformation majeure –dans la façon de trouver un travail, de s’informer, de socialiser, de vivre- les acteurs traditionnels n’y ont souvent vu qu’un nouveau support à investir, de nouveaux sites web à créer. Ils se sont dotés d’outils plus ou moins performants, mais n’ont rien changé à leur façon de faire. Erreur. Les grands acteurs publics étant déficients, les espaces publics « font le boulot », imaginent eux-mêmes des partenariats, inventent de nouvelles méthodes, réinventent la médiation, co-construisent des solutions avec les gens, sans subir le poids des dogmes ni des cultures administratives.

En corollaire, une interrogation. Bon an, mal an, les espaces numériques ont traversé et traversent les crises, les réductions de crédits publics, les situations précaires depuis des années sans voire leur légitimité se réduire. Il a bien des abandons, mais la plupart des équipes se renouvellent, et chaque jour de nouveaux lieux sont créés avec une motivation toujours aussi forte. Pour autant, faut-il se satisfaire de ce statut de « strapontin de l’action publique » ? Pourquoi ces initiatives sont-elles si peu présentes au sein des grandes politiques de la ville (programmes Anru, par exemple), des politiques du logement, de l’emploi et de l’économie, de la culture, des services, de la famille, de la lutte contre l’exclusion, de la citoyenneté ? On pourrait objecter qu’il est plus facile d’avancer de « l’extérieur », débarrassé du poids des politiques publiques, à partir de la seule énergie associative et ascendante… mais c’est oublier que même une faible part des crédits alloués à ces grandes politiques –même en réduction constante- suffirait à décupler les moyens des espaces numériques. Dit autrement : vaut-il mieux espérer un énième grand plan en faveur de l’e-inclusion, ou en irriguer chacune des grandes politiques publiques ?

Une suggestion, enfin. Puisqu’il est communément admis que les questions d’e-inclusion sont durablement devant nous, et qu’elles vont s’amplifier au rythme incessant des technologiques (à l’internet vont s’ajouter les « machines communicantes », les nanotechnologies, etc), pourquoi ne pas s’adonner à un salutaire exercice de prospective créative à 5, 10 ou 15 ans ? A quoi aimerions-nous que ressemblent les espaces numériques demain ? Que deviendront-ils en tant que lieux ? les fonctions qu’ils assurent auront-elles intégré les structures ? quels nouveaux métiers auront vu le jour ? Quels seront alors les pratiques et attentes des usagers ? Un tel travail aurait le mérite de créer un regain d’intérêts chez les élus, de prendre une option sur l’avenir. On a sincèrement hâte de lire les propositions que seraient capables de produire collectivement les centaines d’animateurs, médiateurs, responsables de Paca et d’ailleurs. Alors, chiche ?

Mar 5 2009

Une Résidence en préparation dans le quartier des Couronneries, à Poitiers

Billet publié par Stéphane Vincent dans la catégorie Solidarités
Tags: Energies , Environnement , Intergénérationnel , Poitou Charentes , Politique publique , Quartier , Territoires en résidences , Ville

La Région Poitou-Charentes, les bailleurs sociaux du quartier des Couronneries, la ville de Poitiers et l’Europe organisaient lundi 2 mars une journée porte ouvertes pour présenter "Tous connectés", une offre internet par Courant Porteur en Ligne (via les installations électriques).

Le projet comporte également une importante composante écologique : les ateliers du bocage recyclent des PC et les revendent aux populations, et la Région permet à toute famille de déduire 100 euros sur l’achat d’un portable d’occasion ou même neuf. Par ailleurs, l’opérateur du réseau a équipé à titre de test plusieurs immeubles d’un équipement composé de capteurs et de boîtiers permettant de mesurer la consommation d’énergie des bâtiments (eau, électricité et température pour chaque appartement et sur les parties communes), et donc de responsabiliser les locataires à leur propre consommation, de négocier au mieux avec les opérateurs, etc.

L’offre est opérationnelle, et les premiers retours sont bons. 30% seulement des foyers disposaient de l’internet dans le quartier avant septembre 2008, et la demande est forte, y compris chez les personnes âgées. Pourtant les questions sont encore nombreuses, et toutes les partenaires expriment le besoin d’une animation pour faire vivre le projet, et surtout lui donner des prolongements, en tirer de nouveaux services, imaginer de nouvelles façons d’améliorer la vie des résidents, de développer les relations intergénérationnelles, ou bien encore de pousser plus loin la logique écologique jusqu’à une démarche de type éco-quartier, par exemple. Mais tous les partenaires s’accordent à dire que la participation de la mairie est indispensable pour y parvenir.

Une réunion de travail qui associait également un représentant de Logiparc, l’Office HLM de Poitiers, et un représentant de la MJC du quartier, avait pour objectif d’étudier la faisabilité de conduire une expérimentation dans le quartier, dans le cadre de Territoires en Résidences.

L’intérêt semble unanime, dans la mesure où elle permettrait de produire des propositions créatives dans un délai court, associant pleinement les habitants dans une démarche de co-conception. Il reste un peu de préparatifs à accomplir pour y parvenir (convaincre la mairie, préparer une visite préalable à la Résidence), mais les partenaires sont décidés. A suivre !

Fév 17 2009

Le collectif le Bruit du frigo à la Cantine le 3 mars après-midi

Billet publié par Stéphane Vincent
Tags: Architecture , Quartier , Quotidien , Territoires en résidences

Gabi Farage anime le collectif Le bruit du frigo, basé à Bordeaux. Gabi vient nous parler de ses méthodes d’interventions dans l’espace public, le mardi 3 mars à 14h30. De 14 à 14h30, son intervention sera précédée d’une présentation de l’actualité du programme d’expérimentations de la 27e Région, Territoires en Résidences. L’intervention aura lieu à la Cantine, au 2e étage. L’inscription est nécessaire, il suffit de cliquer sur ce lien- (20 places maximum)

Le Bruit du frigo est un hybride entre bureau d’étude urbain, collectif de création et structure d’éducation populaire, qui se consacre à l’étude et l’action sur la ville et le territoire habité, à travers des démarches participatives, artistiques et culturelles. A la croisée entre territoire, art et population, ses projets proposent des façons alternatives d’imaginer et de fabriquer notre cadre de vie, en associant les gens :

  • Ateliers d’urbanisme participatif
  • Interventions artistiques dans l’espace public
  • Assistance à la maîtrise d’ouvrage
  • Résidences artistiques
  • Actions pédagogiques
  • Workshop et séminaires
  • Formation d’acteurs

Plan de situation des propositions issues de l’atelier d’urbanisme utopique mené dans le quartier du Breil Malville à Nantes en 2008

« Itinéraires Bis » est une étude préalable à la mise en oeuvre d’un réseau de cheminements piétons à Boulazac (24)

Quant aux Ateliers pédagogiques, ils s’adressent à un public jeune (de 10 à 18 ans). L’objectif est de les initier à la lecture de la cité, à travers l’acquisition d’outils de compréhension, de décryptage et de création, mais aussi par l’interaction avec l’environnement urbain et humain, et l’ouverture sur des pratiques artistiques…

Le Bruit du Frigo est intervenu à de nombreuses reprises dans l’espace public : Passe Muraille / Atelier public d’exploration urbaine (Bordeaux), Création d’un « bistrot temporaire » & Atelier d’urbanisme utopique (Nantes), « De-ci de-là », résidence artistique (Cobonne), Ateliers Urbains de Certé, Participation des habitants à l’ORU (Opération de Renouvellement Urbain) du quartier Nord-Est (Bègles), Résidence artistique à la « Gare Franche » (Marseille), « Par 4 chemins... », workshop culturel sur la déambulation urbaine (Bordeaux), etc. Plus d’infos sur le site web du Bruit du Frigo.

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Scénario de la Fabrique 6: Artoka

Cette vidéo fait partie des scénarios produits par la 27ème Région avec Félix Compère, pour illustrer les réflexions de Collège régional de Prospective du Nord Pas-de-Calais. La Fabrique 6 a pour thème « (...)

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