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Fév 17 2010

Co-production : le NESTA éclaircit la notion.

Billet publié par Laura
Tags: capacitation , Design , Innovation , Politique publique

Dans une note de quelques pages, le LAB d’innovation publique de l’agence NESTA (National Endowment for Science, Technology and Arts), et le think tank NEF (Next Economic Foundation) s’interrogent sur le véritable sens de ce mot-valise, que l’on retrouve de plus en plus dans les discours politiques, jusqu’à la Maison Blanche. L’avenir sera « co-produit », c’est quasi certain. Cependant, quelles sont les réelles implications et valeurs de la co-production quand il s’agit de réformer ou d’innover dans le service public ?

Qu’est ce que co-produire ?

Michael Harris et David Boyle (NESTA), auteurs de la note, retiennent la définition suivante : il s’agit de « délivrer un service dans une relation réciproque et égale entre les professionnels, les utilisateurs, et la sphère familiale et sociale des utilisateurs ». Les activités étant réparties ainsi, chaque partie devient un agent de changement, d’amélioration ou d’évaluation du service en puissance. Les auteurs en tirent un premier constat. Depuis trente ans, le service public anglais développe ses activités dans le but de réduire les coûts et les demandes de la population envers l’État. Pourtant tout semble montrer que c’est l’inverse qui s’est produit, et que les attentes et les insatisfactions sont plus présentes que jamais.

Bureaucracy in the UK.

Petit détour sur le contexte anglais dans lequel a germé l’idée de co-production. Le modèle d’action publique prédominant depuis les années 45 vise à permettre l’expansion économique en gommant les inégalités sociales crées par celle-ci. C’est un service public calqué sur le schéma social fabriqué par le capitalisme. Suite à cela, le nouveau conservatisme des années Thatcher, qui critique une « culture de la dépendance » de la population envers l’état, encourage « une économie des services publics » : les citoyens sont des consommateurs, et sont en position de choisir dans l’offre de services ceux qui leurs correspondent - ou plutôt ceux auxquels ils peuvent accéder. Enfin, une troisième approche développée dans les années 90 vise à rendre le service public concurrenciel par rapport à l’offre privée, optimisant organisation et logistique. Au terme de ce cycle, on aboutit une administration lente et complexe, une fragmentation des tâches, une logique procédurière et un souci de rendement déconnecté de l’efficacité réelle des services. Au nom d’une plus grande efficacité, les bénéficiaires sont relégués en bout de chaîne. Et au nom d’un service public « taillé sur mesure », on perd la logique de bienfait à long terme ; on entretient la demande sociale au lieu de la faire disparaître.

Co-production ?

C’est alors qu’apparaît la notion de co-production : elle naît comme une critique de la manière dont les utilisateurs et les professionnels des services publics ont été artificiellement divisés, parfois par les technologies, parfois par des pratiques managériales, parfois par une compréhension détournée de l’idée d’éfficacité. Elle part de l’intuition que la demande sociale n’augmente pas par manque de resources, mais du faite de l’impossibilité pour les citoyens d’y contribuer par leurs propres compétences : une machine dont un organe entier serait paralysé. Sur ces bases, Michael Harris et David Boyle définissent les idées clés de la co-production. En premier lieu, les personnes définies comme bénéficiaires, patients ou clients détiennent des informations qui permettent d’augmenter significativement l’efficacité des prestataires. Ensuite, la famille, le voisinnage, la communauté et la société civile forment un « système opératoire » : nier cette infrastructure sociale revient à renforcer l’isolement, le manque de confiance, le manque d’investissement des gens dans des questions d’intérêt général. Enfin, la co-production fait basculer une partie du pouvoir, de la responsabilité et des ressources des prestataires vers les individus.

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Uscreates
le "Touring Café" comme outil de co-découverte du mode de vie des travailleurs migrants

Dans les années 70, l’économiste Elinor Ostrom avait déjà défini la co-conception comme un procédé dans lequel les éléments qui créent un produit ou un service viennent de la contribution d’individus qui ne sont pas « dans » la même organisation. Plus tard, le juriste Edgar Cahn envisage la co-production comme un vrai principe d’action, en l’applicant notament à la justice juvénile : dans une banlieue noire « à risque » de Washington, il propose que tout délit non violent commis par un jeune soit jugé par un jury du même âge - la sentence incluant de participer soi même à un jury.

La co-production intervient quand il s’agit de détecter et de prévenir un besoin plus que de le solutionner. En encourageant l’échange (d’expérience et de compétences...), en donnant des responsabilités aux utilisateurs, et en donnant de la valeur aux réseaux sociaux existants, elle fabrique des points d’ancrage nouveaux pour les services publics. En voila les principes : 1. Reconnaître les gens comme des alliés. 2. Redéfinir l’idée de travail - c’est à dire y reconnaître tout effort fait pour entretenir un famille, prendre soin d’un personne, veiller au bien être d’un groupe etc. 3. Valoriser la réciprocité : donner et recevoir - car c’est un vecteur de confiance et de respect entre les gens. 4. Construire des réseaux sociaux - car la santé mentale et physique d’une personne repose sur des relations humaines fortes et durables.

Qu’est ce que la co-production n’est pas ?

Le terme co-production est largement utilisé pour décrire tout partenariat entre le gouvernement et les citoyens pour lutter contre un problème social. Cependant, il ne faut pas la confondre avec des méthodes de consultation publique, ou de « co-design », qui peuvent engager la population dans une démarche d’innovation, mais ne construisent pas d’investissement à long terme. Engager la participation des gens dans des évènements ne suffit pas, il faut repenser le système pour le service soit « co-exécuté ». La co-production intervient quand le savoir des utilisateurs et le savoir des professionnels sont nécessaires et se complètent pour délivrer le service. Par conséquent :

  • La co-production ne revient pas seulement pas seulement à demander l’avis de la population.
  • La co-production ne se réduit pas à faire appel au volontariat - l’échange a un pouvoir de transformation que le don (le bénévolat) n’a pas.
  • La co-production doit intervenir pour transformer le service public de façon systémique et pas seulement pour résoudre les besoins de chaque individu (ex : impact sur le rôles des prestataires).
  • La co-production doit être égalitaire au sens de permettre la participation de tous.

La co-production s’inscrit dans une mutation globale dans tous les secteurs du rapport entre le privé et le public, ce que l’innovateur Robin Murray appelle « la nouvelle économie sociale ». Pour Murray, ce changement est accéléré par une combinaison de manque de resources et de pressions sociales grandissantes (obésité, diabète, vieillissement...) ; et de fait il recèle un potentiel d’innovation énorme.

Uscreates

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Uscreates

Quelles sont donc les prochaines étapes de la co-production ?

Il s’agit de réfléchir aux conditions nécessaires pour lui permettre de prendre racines. Comment fabriquer des contextes propices, des structures porteuses, des méthodes ? Que doivent changer dans leurs pratiques les intervenants actuels, les prestataires et les consultants pour y parvenir ? Le design a-t-il un rôle dans ce processus ? S’enrichir des cas d’échec est de succès est indispensable pour mieux comprendre les rouages de la co-production, dont le potentiel est loin d’être révélé. Expérimenter et développer des modèles pratiques, est ce qui permettra d’étendre ce changement radical à tous les domaines du secteur public.

Laura Pandelle, étudiante à l’ENSCI, chez STBY.

photos issues du travail de l’agence Uscreates, sur les conditions de vie des travailleurs migrants.

Déc 16 2009

"Design des politiques publiques", à paraître en avril 2010

Billet publié par Stéphane Vincent dans la catégorie 27e Région
Tags: Design , Innovation , Politique publique

Nous en sommes fiers et nous bichonnons sa préparation : c’est "Design des politiques publiques", la première édition de notre ouvrage annuel. Il sortira au prix de 18 euros à la Documentation française en avril prochain. Anne Daubrée en coordonne toute la rédaction, le studio G.U.I, en collaboration avec Unefois2, peaufine la maquette, et la Documentation française nous fait l’honneur d’accueillir cet ouvrage au sein de sa prestigieuse maison. Un grand merci à Odile Coppey et à Guillaume Dumont pour leur appui et leur disponibilité...

En voici le pitch :

Le « nouveau management public », né au siècle dernier et inspiré du fonctionnement de l’entreprise, n’est plus adapté aux enjeux actuels, comme le changement climatique, la révolution numérique ou le vieillissement de la population. Ces défis imposent de transformer radicalement la façon dont sont conçues les politiques publiques, et d’aller au delà des méthodes participatives traditionnelles.

Parmi les pistes les plus fertiles figurent toutes les méthodes de co-conception de l’action publique, en constant renouvellement.

Cet ouvrage décrit une trentaine d’initiatives récentes, qui puisent dans le design et l’anthropologie, l’innovation sociale et les logiques d’émancipation, la culture technologique et les arts urbains, l’univers du sensible et de la créativité. Ces projets, dont plusieurs ont été menés sous l’égide de la 27e Région, visent par exemple à ouvrir l’école à la société, lutter contre l’isolement rural, ou répondre aux défis énergétiques.

Pré-achat et renseignement possible grâce au formulaire en téléchargement :

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Oct 18 2009

Que faire des politiques d’innovation ?

Billet publié par Stéphane Vincent
Tags: Europe , Innovation , Politique publique

Quelle politique pour l’Europe en matière d’innovation, face à l’ultimatum climatique et aux enjeux actuels de transformation sociaux et économiques ? Les 12 et 13 octobre, la 27e Région était conviée à un workshop créatif organisé en petit comité par la DG Entreprise au MindLab à Copenhague. On n’était pas encore au sommet décisif de l’ONU qui se tiendra dans cette même ville en décembre, mais l’état d’esprit y planait déjà...

En résumé : les services de la Commission et de l’agence Inno-Grips nous ont proposé de travailler pendant deux jours sur le potentiel des "labs", cette forme un peu imprécise de laboratoire d’expérimentation sociale et technique, généralement adossé à un organisme public ou une entreprise privée. Un workshop organisé dans le cadre d’une réflexion plus vaste : L’Europe remet à plat sa politique en faveur de l’innovation, consulte depuis quelques mois, et prépare une nouvelle copie pour le printemps 2010.

Les participants

Parmi les vingt-cinq participants, il y a avait : les services de la DG Entreprise (dont le chef d’unité à l’innovation Peter Gröll), l’Innovation Center Copenhagen, le MindLab, Taito Group, l’ANRT, la 27ème Région, Stop & Go, Next / Laboratorio per l’innovazione, Laboral, Medialab Prado, Hong Kong polytechnic, Malmö New Media Living Lab, Sustainable Everyday Project, Imperial College London, PREST - IDEAS, Public services Innovation Lab, The Innovation Unit (GB), etc. J’en profite pour dire que le MindLab est un lieu étonnant : un peu comme si le ministère des finances accueillait à Bercy un lieu de créativité, équipé de tables à dessin, d’ateliers créatifs et de salle de réunion "bulle de créativité" ! Et un grand coup de chapeau à Christian Bason, directeur du Mindlab, qui a animé les deux journées d’une main de maître. Quel talent.

Les participants devant "l'oeuf de créativité" !

Voici les enseignements que j’en tire -ils n’engagent évidemment que moi, et donc aucunement mes camarades ni les services de la Commission.

Labs, le nouveau mot valise ?

Un mot sur ces fameux "labs", tout d’abord : difficile de les définir derrière ce mot valise, massivement marketing, tant les approches fluctuent, entre business et intérêt général, culture anglo-saxones et latines, et les disciplines mobilisées, entre technologies et sciences sociales. Dans son invitation, la DG Entreprise proposait les critères suivants : L’implication active des utilisateurs à tous les stades de développement (co-création), des partenaires multiples issus du privé et/ou du public, l’interdisciplinarité (design, science, technologie et business), un lieu dédié, virtuel ou réel pour développer de nouvelles idées et expérimenter dans des conditions réelles.

Disons que ces critères peuvent s’appliquer grosso-modo à des organisations comme la Waag Society (Hollande), le MediaLab Prado (Espagne), le Social Innovation Laboratory of Kent (GB), le MindLab (Danemark), la 27e Région et la Fing (France), Ideas (GB), MidtLab (Danemark), le Forum Virium d’Helsinki (Finlande), le Laboratorio Innovazione (Italie), l’Aalto Design Factory (Finlande), le Laboral (Espagne), le Taito Group (Finlande), le Laboratoire de l’Innovation Sociale par la Recherche Action (France), le NestaLab (GB), et bien d’autres en Europe et dans le monde. Au fond, l’expression "lab" n’a évidemment guère de sens, et des tas d’autres initiatives informelles peuvent se réclamer de cette démarche.

Retour sur la méthode

Un mot sur la méthode utilisée durant le workshop : Christian Bason a proposé l’utilisation du back-casting (il nous avait déjà expliqué le fonctionnement de cette méthode dans une interview récente).

La première journée a donc été consacrée à se présenter mutuellement et à identifier ce qui faisait la singularité de nos projets respectifs (à partir du choix de photos, comme on le voit ici). Ensuite répartis par groupes de 4 à 6 personnes, nous avons consacré l’essentiel de cette première journée à développer une vision commune du "laboratoire d’innovation".

La seconde à permis d’imaginer les actions à mener pour parvenir à cette vision. Dans cette seconde partie, les questions auxquelles nous devions répondre pour chacune de ces actions étaient : A quelle moment se situe t-elle dans le calendrier ? quels sont les principaux freins/défis (institutions, personnes) ? Comment ces défis sont-ils relevés ? Par qui, et avec qui ? Quelle a été la contribution de mon organisation ? Celle de la Commission européenne ? Avec quels moyens et ressources ? Quels étaient les risques à prendre en compte ?

Les propositions des participants

Même après 48 heures d’intense cogitation, on pouvait craindre que les participants s’essoufflent devant l’idée d’un nouveau label ou d’un énième appel à projets, comme les institutions savent (quoique !) les faire... Pas du tout ! leurs propositions visent d’autres cibles, plus pertinentes et pas moins audacieuses d’après moi. Voici le résumé que j’en ferais (il s’agit là aussi de mon interprétation des propositions créatives qui sont sorties au terme des journées, et cette interprétation n’engage que moi).

1. Expérimenter autrement et en réseau

Les participants plébiscitent une nouvelle approche de l’expérimentation. Leur préférence va à l’idée de "micro-innovation labs" : Des expérimentations à l’échelle micro-locale, en réseau à l’échelle européenne, dans des espaces publics, et traduites en enseignements politiques... (on jurerait un "Territoires en résidences" à l’échelle européenne, non ? A quand "Europe en Résidences" ?). Un groupe propose de parler plutôt d’Improvement Lab, de laboratoire de l’amélioration continue, se dotant d’indicateurs de succès inédits. Mais tous suggèrent un passage à l’échelle du principe expérimental, voir d’en faire un principe consubstantiel à tout projet public ou privé en le dotant d’une "zone d’expérimentation" permanente.

2. Proposer un autre récit de l’exemplarité

Fini, les éternels recueils de "bonnes pratiques". Les participants veulent savoir dans chaque projet ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas. La Commission européenne elle-même doit s’y mettre et accepter d’être dotée d’un cheval de Troie ! nous étions quelques uns à penser que la Commission, pour être crédible, devrait se doter d’un "labs" -à comprendre comme un outil réflexif sur les pratiques de la bureaucratie communautaire, capable de prendre des risques et d’expérimenter des solutions... La Commission est-elle prête à prendre le risque de se laisser hacker ? Pas sûr du tout. Allez, on peut rêver un instant, non ? En tout cas, Peter Dröll, chef d’unité de la DG Entreprise, en charge des politiques d’innovation semblait y croire aussi.

Peter Dröll, qui se demande comment il va raconter tout ça au président Barroso ! En photo : Peter Dröll, qui se demande comment il va raconter tout ça au président Barroso !

Certains suggèrent de lancer des Transcalls, pour "transformation calls" : l’idée consistait à ce que l’Europe lance des appels à projets "transformateurs" -Mon sentiment sur cette question est que l’Europe devrait surtout inclure un "1% innovation sociale" dans ses marchés publics, pour créer un fort effet levier.

François Jégou et moi avons également travaillé sur l’idée d’un LabsFestival, dans l’esprit de Lift ou de PicNic : plusieurs régions se regroupent dans le cadre d’un programme Interreg, se lancent un défi commun (par exemple "changer le système alimentaire local") et se donnent 1 an pour prototyper de micro-solutions avec des communautés locales, puis les exposent ensemble dans le cadre d’un événement festif et grand public.

3. Démultiplier les compétences en co-création

Les besoins de transformation sont immenses, et les compétences capables de les déclencher sont rares, ou en tout cas totalement disséminées. On manque de designers, d’architectes, de sociologues, d’anthropologues, de chercheurs, d’innovateurs sociaux en mesure de co-créer avec des communautés locales. On manque aussi de retour sur les techniques, les trucs, les astuces, les outils à mobiliser. Les participants suggèrent d’épauler et de mettre en réseau les communautés de pratiques existantes, d’encourager la mise en "peer to peer" des boîtes à outils, des pratiques et des méthodes permettant la co-création. Les participants recommandent de mettre en oeuvre tout ce qui peut l’être pour réduire les obstacles à l’innovation, de permettre à tout un chacun de transformer sa vie, de s’émanciper.

Et la politique, dans tout ça ?

Une petite frustration, en revanche. Rien n’est ressorti du questionnement politique qui se cache selon moi derrière les "labs", en particulier derrière l’idée de l’orientation utilisateur. Par exemple, les labs visent-ils un véritable objectif de transformation économique et social, ou simplement à améliorer le système économique et social en place ? Peut-on comparer l’innovation qui "enferme" avec l’innovation qui "émancipe" ? Du même coup, s’agissant des labs, qu’y a t-il vraiment de commun entre GoogleLabs et le Lisra ? Parlons-nous vraiment d’innovation sociale dans tous ces projets ? Je m’étais déjà posé la question après une interview que j’avais accordé à 01.net sur ces sujets. J’ai l’impression qu’il faudra clarifier ce point rapidement, sous peine d’amplifier le mouvement d’apprenti sorcellerie que cache souvent l’innovation.

Plus de photos du workshop à consulter ici.

A retrouver également : le compte-rendu officiel du workshop, réalisé par Inno Grips :

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Le compte-rendu officiel du workshop
Aou 6 2009

Off !

Billet publié par Stéphane Vincent
Tags: Créativité , Innovation , Politique publique , Provence Alpes Cote d’Azur , social

mai 29 2009

Avant-première du film UsNow le 22 juin

Billet publié par Stéphane Vincent dans la catégorie 27e Région
Tags: Citoyenneté , Politique publique , Web2.0

ATTENTION, COMPLET AU 19 JUIN

"Plus qu’un documentaire sur le web 2.0, UsNow est surtout une réflexion sur la confiance qui s’instaure entre les internautes, et comment celle-ci transforme les relations entre le gens. Un film qui regarde la collaboration de masse non pas sous l’angle d’une simple participation agrégative, mais sous celle de collaborations profondes et transformatives. Tiens, le web 2.0 n’est toujours pas mort !"

Hubert Guillaud, InternetActu

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A l’invitation de la 27e Région, Ivo Gormley, vidéaste et anthropologue, présentera son film UsNow en avant-première parisienne le 22 juin à 17h à l’Assemblée Nationale (Inscription en ligne préalable indispensable avant le 19 juin)

Aidez-nous à co-traduire la version française d’UsNow en réseau !

Retrouvez-nous sur le site de traduction collaborative de sous-titres Dotsub pour terminer le sous-titrage d’UsNow avant le 22 juin !

Communiqué

mai 2 2009

La 27e Région s’expose à son comité d’orientation

Billet publié par Stéphane Vincent dans la catégorie 27e Région
Tags: Politique publique , Territoires en résidences

Tout ce qui est exposé dans une galerie d’art est-il de l’art ? Les photos et vidéos exposées à la galerie EOF, à Paris, ce 23 avril, présentaient l’activité de la première année d’activité de la 27e Région. Les membres de notre comité d’orientation* présents ont pris l’après-midi pour tout découvrir, donner leur avis, puis… plancher sur « la Région en 2030 ». Ambiance conviviale et créative.

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A la descente d’un escalier raide, première salle de l’installation préparée par Jean Couvreur : des photos des « Territoires en résidences » en cours et à venir. Cartes de créativité, lycéens en grande concertation : Sylvain Petit, chargé du fonctionnement des lycées de la région Champagne Ardennes, présente celui en cours au lycée Jean Moulin Revin. D’autres résidences sont en préparation comme à l’association Bug qui anime « La Ruche » à Rennes, ou dans un autre lycée, à Annecy. François Jegou, designer et directeur scientifique de Territoires en résidences, décrit le travail réalisation en immersion réalisé durant les résidences. Une quinzaine de résidences sont prévues au total dans toute la France en 2009 et 2010.

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Mamie centenaire en colocation

Direction la salle du fond, où vidéos et images racontent les travaux de prospective, notamment ceux menées avec la Région Nord-Pas-de-Calais. Mamie centenaire en colocation avec une famille de chinois, « alguiculteur » fabriquant de l’éthanol pour les dernières voitures du Vieu-Lil Club, le tout à l’horizon 2040…Les designers de la 27e Région ont donné chair aux travaux de l’équipe de prospective de la région (les réalisations sont visibles ici). Dernière activité présentée : la veille sur l’innovation dans les politiques publiques, avec la réunion mensuelle avec un acteur innovant, un voyage prévu à Londres, avec des élus, pour rencontrer des acteurs de l’innovation britanniques, et la veille sur le blog de la 27e région.

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La méthode questionnée

Réactions et propositions n’ont pas manqué durant le débat qui a suivi cette visite-expo-guidée. Au-delà du jugement positif sur l’activité déployée par la 27e région en un an, questionnements et propositions ont fusé sur la méthode, le partage d’expériences et leur diffusion auprès des décideurs politiques.

Concernant les thèmes des résidences, Pierre Musso regrette que nous ne conduisions pas d’expérience sur Second Life, et l’absence d’artistes dans le processus. Il est vrai que pour l’instant, nous n’avons trouvé d’opportunité dans ce sens avec les Régions. Mais à défaut de mondes persistants, au moins deux résidences devraient traiter de l’impact des réseaux sociaux sur les politiques publiques locales (à Rennes, et à au sein de l’agglomération de Bordeaux). Il faut dire que les acteurs locaux et les Régions nous soumettent surtout des problématiques très actuelles… Par ailleurs, nous ne perdons pas espoir d’associer des comédiens comme Jean Bojko, avec qui nous sommes en contact, dans les résidences.

Mais de nombreuses réflexions se sont surtout concentrées sur l’après-résidence. « Comment garantir ce que devient l’équipe locale après ? Quel est leur apprentissage ? Si on ne fait pas attention, l’opération peut échouer », met en garde Godefroy Beauvallet. « Il faut que ce soit réellement une expérience collective. Il y aura un effet local si le relais est réellement pris par les partenaires » renchérit Anne-Marie Boutin. Réponses : Pour le lycée de Revin, « l’après » est prévu, avec le passage du relais à une compagnie en résidence pendant 5 ans, qui portera les projets dessinés par la 27e Région. Plus structurellement, la co-responsabilité du projet porté aussi par la région est une façon de l’inciter à mettre en place un dispositif pour poursuivre et amplifier l’action ; nous lui feront bien sûr des recommandations dans ce sens. Mais l’équipe prend en compte la remarque…

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Partager au delà…

Plus largement, plusieurs personnes soulignent l’importance à prêter au travail sur la méthode même. Tout le monde est d’accord pour éviter le mot « expérimentation ». Pour Pierre Musso « Il faut observer le processus et continuer à innover dans le processus même ». Nous y prenons garde, en effet : Les résidents constituent une microéquipe qui recherche le regard extérieur et les suggestions des chercheurs ; c’est le rôle qu’a joué la chercheuse Marie-Claude Derouet-Besson au sein du lycée, par exemple. C’est par ailleurs ce rôle d’observation que Léa Mongeot et le collectif Didattica essaient de jouer, en prenant part à des séances de réflexion sur les méthodes, entre deux semaines de résidence. « L’apport de bonne pratiques extérieures pourrait être un pan à amener à la méthodologie » confirme François Jegou.

A travers les propositions des intervenants, la question du partage des expériences dessine un rôle plus vaste pour la 27e Région. « Le site internet doit restituer le meilleur des moments de la production des équipes. Il n’est pas encore optimal » pour Christian Paul. Il est vrai que le blog fonctionne bien, mais que l’accès au site reste un casse-tête que nous allons revoir à l’occasion de la refonte du site. Jacques François Marchandise suggère que la 27e Région évolue vers une sorte de carrefour de l’innovation dans le politiques publiques en ouvrant « un espace où les projets viennent se déclarer, où chercheurs ou architectes viennent échanger », un espace commun où pourrait se retrouver cette communauté de l’innovation territoriale. De son côté, Luc Gwiazdzinski propose au passage une plate forme d’expérimentation transfrontalière sur laquelle il travaille actuellement en Lorraine, et un possible partenariat avec un Master « innovation et design territorial » qu’il crée actuellement. Dans la même direction, Gilles Berhault, évoque la mutualisation « avec d’autres initiatives, dans un écosystème global ».

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Elus et valeurs

Mais les élus ? « Sont-ils au courant de ce qui se passe à Revin ? Que se passe-t-il si une région a un projet de lycée ? » questionne Jacques François Marchandise. Dans le cas de Revin, la réponse est claire : l’élue en charge des lycées, Sylvie Cotillot, est en première ligne et semble avoir parfaitement intégré les enseignements qu’il est possible de tirer de la résidence menée au lycée Jean Moulin. La meilleure preuve est que la Région Champagne Ardenne souhaiterait conduire des résidences dans deux autres lycées. Mais il reste à convaincre de nombreux élus, dans d’autres Régions… Malgré l’imminence des élections régionales, on peut être optimiste : la 27e Région est progressivement conviée aux commissions d’élus dans les Régions et à l’ARF. Et le voyage d’étude organisé à Londres avec des élus devrait encore permettre de provoquer quelques ralliements… La question demeure, toutefois, pour Jean Pierre Quignaux. « Crise des finances publiques oblige, Il va falloir trouver des arguments assez "marketing" pour rentrer dans les cases traditionnelles, en étant porteurs des apprentissages nouveaux »

A ces pistes de travail, s’en ajoute une supplémentaire, et pas des moindres, apportée par Sophie Pène. Prenant l’exemple de l’utilisation du numérique dans l’éducation, elle fait remarquer qu‘il peut être utilisé « pour que rien ne change ». Bref, innover, oui, mais vers quoi ? La 27e Région, qui tient un discours de la méthode, doit également dessiner ses valeurs, pour l’instant simplement esquissées : la « capacitation » et l’autonomie des usagers en est une, tout particulièrement.

Bref, de nombreuses pistes de réflexion et de travail pour l’équipe de la 27e région, …. et pour le comité d’orientation, puisqu’il a été décidé de se réunir tous les six mois environ, au lieu d’une fois par an. Rendez vous en octobre.

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Plan de campagne pour... 2028

Brusque accélération du temps dans cette seconde partie de la réunion, puisque nous avons proposé à tous les participants de travailler sur les élections régionales de...2028 ! Quatre groupes. Une heure trente chrono et une « nappe de travail collaborative » par équipe, pour inventer un programme totalement original. Sujets imposés : gouvernances, politiques, méthodes, technologies. Mais c’est une autre histoire, sur laquelle nous reviendront dans un prochain billet...

* étaient présents (dans le plus grand désordre alphabétique) : Jean-Pierre Quignaux (Association des Départements de France, Côtes d’Armor) , Marjorie Jouen (Notre Europe), Claire Bernard (ARF), Léa Longeot (Collectif Didattica), Luc Gwiazdzinski (Institut de Géographie Alpine de Grenoble) Philippe Beaumel (Région Bourgogne), Godefroy Beauvallet (Institut Telecom ) , François Jégou (SEP), Christian Paul (Région Bourgogne), Sylvain Petit (Région Champagne Ardenne), Julie Chupin (Région Limousin), Alain Cadix (ENSCI), Ninon Bardet (Collectif Ville Campagne), Jacques-François Marchandise (FING), Pierre-Jean Lorens (Région Nord-Pas de Calais), Gilles Berrault (Acidd), Vasilije Kujacik (Diact), Aurélie Martin (Région Limousin), Adelaide Schindler (Région Auvergne), Daniel Kaplan (FING), Sophie Pène (chercheur, Paris Descartes), Pierre Musso (Université de Rennes 2), Anne-Marie Boutin (APCI)

Avr 19 2009

La 27e Région, bonne pratique européenne

Billet publié par Stéphane Vincent dans la catégorie 27e Région
Tags: Créativité , Ecole , Europe , Innovation , Politique publique

Le Comité des Régions, la voix des régions européennes auprès de l’Union européenne, vient de sélectionner la 27e Région à l’occasion de l’Année européenne de la créativité et de l’innovation pour son projet "Territoires en Résidences" conduit en partenariat avec SEP (Strategic Design Scenarios - DIS Indaco Politecnico di Milano). La lecture des autres projets retenus (70 au total) est très intéressante. On notera en particulier que de nombreux projets visent à stimuler la créativité chez les jeunes : Valencia Crea (Espagne) auquel ont participé 4000 jeunes depuis 9 ans, "Bollenti Spriti" dans la Région des Pouilles (Italie), des activités créatives dans les écoles d’Helsinki (Finlande) où l’on "apprend en faisant", des séminaires de créativité ("Kreativakademien Niederösterreich") pour les jeunes de 12 à 19 ans dans la Région de Lower Austria (Autriche), la ville de Irun (Espagne) qui met à contribution 1300 jeunes pour produire 350 idées innovantes pour 2020, et last but not least, nos amis de la Région Extremadure (Espagne) avec Initative Joven qui carbure depuis 2004 etque nous avions eu le plaisir de recevoir...

Les projets de cinq Régions françaises sont également retenus : l’incubateur pour entrepreneurs sociaux "Alter’Incub" à Montpellier en Languedoc Roussillon, la Bretagne pour son travail sur les entreprises innovantes, la vallée de l’Image en Poitou Charentes, la démarche Design’In en Pays de la Loire qui sera présentée le 20 avril à Bruxelles, et le pôle Imaginove de Rhône Alpes.

Avr 14 2009

Le Metalab 3D explore les territoires de demain

Billet publié par Anne Daubrée
Tags: Formation , Innovation , Politique publique , prospective , technologie

100 millions d’ados sont inscrits à Habbo Hotel un univers virtuel qui leur est consacré. Des entreprises, comme le Crédit Agricole, dans le Sud-Ouest, organisent des conférences sur Second life, un autre monde virtuel. Une université belge, celle de Bruxelles, y donne régulièrement des conférences. Or, passée l’effervescence médiatique, l’intérêt pour les mondes virtuels s’est dissipé. Pourtant, les enjeux pour les pouvoirs publics sont très importants, notamment en terme de formation, d’urbanisme ou encore de participation. Pour Hugues Aubin, chargé de mission TIC à la ville de Rennes, et l’un des piliers duMetalab 3D, Il y a là un nouvel espace qui ajoute une dimension aux territoires, avec des modes d’interaction nouveaux qui se constituent.

Coup d’arrêt au statique En juillet 2007, l’Artesi Ile de France, l’agence régionale des technologies et de la société de l’information, et la ville de Rennes, ont mis en place le Metalab 3D, un dispositif de veille et d’expérimentation destiné à permettre aux acteurs publics à trouver leur rôle dans ces nouveaux espaces. Elles ont été rejointes par d’autres partenaires. L’ile achetée par l’Artesi sur Second life, l’un de ces mondes virtuels, a deux vocations : d’une part, mettre à disposition des parcelles pour héberger des initiatives portées par les acteurs publics, et, d’autre part, se servir d’un espace commun pour mener des expérimentations qui impliquent différents acteurs, des rencontres. Au bout de plus d’un an, Hugues Aubin apporte un premier constat : « les projets quasi statiques ne fonctionnent pas ». Ainsi, par exemple, l’office du tourisme virtuel de la région Midi-Pyrénées, a cessé ses animations. L’internaute était supposé découvrir les ressources de la région, mais les évènements n’étaient pas suffisants.

Des opérations avec les acteurs du territoire En revanche, les espaces communs abritent de plus en plus d’évènements. Exemple : pour la seconde année consécutive, les rencontres d’Autrans, qui réunissent des acteurs publics qui se mobilisent sur les enjeux de l’Internet, ont intégré de nouveaux participants, via Second life. Ces individus, simplement connectés à Internet, étaient présents sur l’ile du Metalab 3D sous la forme d’un avatar. Ils ont assisté aux débats (la vidéo était projetée en direct sur l’ile) et ont participé en envoyant des messages écrits aux personnes réunies à Autrans. Leurs textes étaient vidéo-projetés sur un écran de la salle de conférence physique. Autre exemple, les Transmusicales de Rennes se sont déroulées aussi sur Second Life. Le projet était porté par l’organisateur du festival et la ville de Rennes. Dans les deux cas, ils ont permis d’expérimenter des nouvelles formes de rencontres, où monde physique et monde virtuel s’interpénètrent. «  Les évènements qui se déroulent sur l’ile du Metalab sont plus souvent portés par des acteurs du territoire, et non par les territoires eux mêmes. Cela peut fonctionner, quand un territoire fait savoir à ces acteurs qu’ils ont cette possibilité. Sauf, bien sûr, pour les villes pionnières qui assument complètement cette dimension, comme Stockholm.  » analyse Hugues Aubin.

Veille et constitution d’un réseau Autre volet de la mission du Metalab 3D : la veille internationale sur les initiatives liées aux territoires, qui se déroulent dans les mondes virtuels. On les retrouve sur le blog, nourri notamment par Jean-François Lucas, doctorant en Sociologie à l’Université de Rennes 2, où il effectue des recherches sur les villes numériquement augmentées. « A l’étranger, certaines collectivités ont déjà investi ce champ, par exemple dans l’urbanisme, ou dans l’enseignement supérieur. Cette veille nous permet à la fois de repérer les projets, et d’être en contact avec des personnes qui ont déjà acquis de l’expérience dans ce domaine » remarque Hugues Aubin. Et c’est également ce que permettent les expérimentations qui se déroulent sur l’ile du Metalab 3D : tisser un réseau entre des individus, qui, dispersés dans les administrations et sur le territoire, s’investissent personnellement et expérimentent ces nouvelles pratiques basées sur la collaboration. Outre à constituer un vivier de compétences, ce réseau est déjà précieux : les contributions des volontaires s’ajoutent à des ressources du Metalab 3D, limitées à l’ile sur Second Life, et à du temps de disponibilité de Loïc Haÿ,pour l’Artesi , et à du temps de disponibilité de Hugues Aubin, pour la municipalité de Rennes.

Avr 7 2009

L’urgence du développement durable impose une mutation des structures publiques

Billet publié par Anne Daubrée
Tags: Environnement , Formation , Politique publique , technologie , transport

S’il devait n’y en avoir qu’une, la crise de la planète est sans doutes la priorité à laquelle devraient s’attaquer des sociétés par ailleurs profondément remodelées par les technologies de l’information. Gilles Berhault est président d’ACIDD, association communication et information pour le développement durable, qui s’est fixé pour but de diffuser les idées, tisser des liens et expérimenter des nouvelles formes de collaborations, autour des enjeux du développement durable. Comment les pouvoirs publics doivent ils innover, pour faire face à cet enjeu vital, en tenant compte des opportunités induites par les technologies de l’information ? Réponse de Gilles Berhault, en préparation du comité d’orientation de la 27e région.

La hiérarchie en cause « Le développement durable, touche des sujets comme la mobilité, la gestion des bâtiments, l’éducation… ». C’est un sujet transversal qui se heurte l’organisation des structures publiques. « C’est flagrant lorsque l’on voit les difficultés de la mise la place d’agendas 21 dans les collectivités, difficultés auxquelles ils faut ajouter la complexité de partage de compétence entre les différents échelons territoriaux » constate Gilles Berhault, Pour changer, « il faut aller vers un management de projet qui réunisse des compétences autour d’un but, et non en mode hiérarchique, en mode fonction, comme c’est le cas actuellement » poursuit-il. Par ailleurs, « Le développement durable ne se décrète pas » : il passe nécessairement par une participation des individus. En cela, pointe Gilles Berhault, le développement durable relève de la même logique que les technologies de l’information, qui permettent aux individus de s’engager. La logique horizontale, « c’est celle de fédérer, tisser des liens entre les énergies, de stimuler d’innovation ». C’est ce à quoi s’emploie Acidd. Dans ce cadre, l’association prépare une rencontre internationale pour mettre en réseau les acteurs actifs en matière de développement durable, et qui se tiendra l’an prochain. Et les structures publiques locales ont leur rôle à jouer. « La rencontre sera très orientée territoires, car cette échelle est essentielle. Il faut se relier à un territoire physique. Sinon, on se limite au déclaratif, car on ne peut rien mesurer » juge Gilles Berhault.

Formation ou mutation ? L’adaptation des structures publiques au changement passe aussi par une importante action de formation. Formations différentiées, car « l’une des difficultés, c’est que tout le monde ne change pas au même rythme » précise Gilles Berhault. Des générations et des individus aux aptitudes différentes vont cohabiter longtemps. Ce sont des compétences nouvelles qu’ils faut acquérir, avec des formations permanentes (Celui qui s’occupe de mobilité doit connaître à la fois les technologies de l’information et le développement durable, par exemple), et, même, la création de nouveaux métiers. Il pourrait s’agir, par exemple, de « e-leaders en développement durable » actifs sur le territoire. Le rôle de ces personnes serait d’être des « passeurs d’idées » autonomes, qui connaissent développement durable et tic, et qui travaillent pour sensibiliser, éduquer, permettre l’appropriation et l’intégration de ces logiques dans les collectivités. Ils seraient également là pour rassurer. Une idée à l’étude avec la 27e région. Mais le propos de Gilles Berhault va plus loin. « Les acteurs publics doivent se former, mais surtout, il est nécessaire qu’ils deviennent réellement utilisateurs de ces outils technologiques, par exemple, en utilisant des outils collaboratifs, et qu’ils aient une démarche active personnelle en matière de développement durable. On ne peut pas avoir un rôle politique si on ne pratique pas personnellement, car on ne parle pas ici de technologies, mais d’un véritable changement de comportement. Il faut avoir du courage, celui de changer ses habitudes. »

Avr 6 2009

Courage, impertinence et hybridation des lieux : les clés de l’innovation publique par Luc Gwiazdzinski

Billet publié par Anne Daubrée
Tags: Développement local , Formation , Innovation , Politique publique

Logiques de réseau qui heurtent les logiques de territoire, désynchronisation des temps et éclatement des lieux … Luc Gwiazdzinski, géographe, pointe ces tendances lourdes en conséquences pour les politiques publiques. Maitre de conférence à l’Université Joseph Fournier de Grenoble, il est l’auteur de différents livres, comme « La Ville 24 heures sur 24 », ou encore « Les villes malléables », contribution à l’ouvrage « Futur 2.0 ». Impossible de citer toutes ses activités. Sortant du cadre de la recherche pure, Luc Gwiazdzinski a, par exemple, fondé en 2001 une « Maison du temps et de la mobilité », à Belfort. Comment doivent innover les politiques publiques pour s’adapter à cette nouvelle donne ? Premiers éléments de réponse de Luc Gwiazdzinski, en préparation du comité d’orientation de la 27 e région.

Du courage et un nouveau regard

«  Il y a du courage à avoir. L’innovation, c’est l’obligation de prendre des risques ». C’est d’abord en adoptant une posture nouvelle que les pouvoirs publics peuvent parvenir à piloter les changements sociétaux, pour Luc Gwiazdzinski. Car il faut faire du territoire « un lieu où l’on se rencontre ». Et il revient au politique de mettre en place les conditions de l’échange. « Aujourd’hui, il y a un manque d’enthousiasme parmi les acteurs du développement local. Il faut donner aux politiques publiques les moyens de se régénérer » estime Luc Gwiazdzinski. Car l’innovation passe par un regard nouveau, l’exploration de nouveaux champs. :« La question du temps est importante et pas seulement celle de l’espace. C’est à la mobilité qu’il faut s’intéresser, et non aux transports. Et il ne faut pas oublier le numérique… ». Une réforme du CNFPT , permettant aux agents de la fonction publique territoriale d’appréhender ces nouvelles logiques, faciliterait cette transition. Il s’agit également de se donner les moyens, en se dotant, au niveau régional, par exemple, d’une fonction recherche et développement, qui dispose de réels moyens de mener des expérimentations, d’agir.

Des plates-formes d’innovation

L’innovation ne passe pas seulement par un changement du regard, mais par une modification profonde de la gouvernance, par « la mise en place de processus d’intelligence collective ». Concrètement, il s’agirait de « plates formes d’innovations multi-scalaires, capables de croiser l’observation et la sensibilisation, la co-construction, et l’expérimentation, y compris en utilisant l’expertise citoyenne, et pas seulement celle technique » estime Luc Gwiazdzinski.. Le design serait mis à contribution pour rendre les projets attractifs, pour construire de véritables espaces de dialogue. Car, c’est un fil rouge dans les propos du géographe, l’innovation passe par le brassage. Il faut croiser le public et le privé, le central et le local, il faut laisser une place aux créatifs, artistes compris. Le géographe croit à l’importance des « lieux hybrides » et des « personnes », quel que soit leurs champs de compétence. « Dans les régions, il faut identifier les personnes qui ont envie de construire, dans tous les domaines, et bâtir un dispositif simple pour les accompagner, leur donner la possibilité de déployer leurs projets sur la durée. L’impertinence doit être valorisée » conseille-t-il. Si les territoires ont tout intérêt à échanger entre eux, le rôle de l’Etat n’en disparaît pas pour autant. Bien au contraire. La Diact devrait exercer un véritable rôle d’aménagement du territoire, notamment pour traiter le sujet de l’étalement urbain. Et elle pourrait mener une politique de labellisation de ces plates formes d’innovation, afin de systématiser les initiatives.

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Scénario de la Fabrique 6: Artoka

Cette vidéo fait partie des scénarios produits par la 27ème Région avec Félix Compère, pour illustrer les réflexions de Collège régional de Prospective du Nord Pas-de-Calais. La Fabrique 6 a pour thème « (...)

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