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Avr 14 2009

Le Metalab 3D explore les territoires de demain

Billet publié par Anne Daubrée
Tags: Formation , Innovation , Politique publique , prospective , technologie

100 millions d’ados sont inscrits à Habbo Hotel un univers virtuel qui leur est consacré. Des entreprises, comme le Crédit Agricole, dans le Sud-Ouest, organisent des conférences sur Second life, un autre monde virtuel. Une université belge, celle de Bruxelles, y donne régulièrement des conférences. Or, passée l’effervescence médiatique, l’intérêt pour les mondes virtuels s’est dissipé. Pourtant, les enjeux pour les pouvoirs publics sont très importants, notamment en terme de formation, d’urbanisme ou encore de participation. Pour Hugues Aubin, chargé de mission TIC à la ville de Rennes, et l’un des piliers duMetalab 3D, Il y a là un nouvel espace qui ajoute une dimension aux territoires, avec des modes d’interaction nouveaux qui se constituent.

Coup d’arrêt au statique En juillet 2007, l’Artesi Ile de France, l’agence régionale des technologies et de la société de l’information, et la ville de Rennes, ont mis en place le Metalab 3D, un dispositif de veille et d’expérimentation destiné à permettre aux acteurs publics à trouver leur rôle dans ces nouveaux espaces. Elles ont été rejointes par d’autres partenaires. L’ile achetée par l’Artesi sur Second life, l’un de ces mondes virtuels, a deux vocations : d’une part, mettre à disposition des parcelles pour héberger des initiatives portées par les acteurs publics, et, d’autre part, se servir d’un espace commun pour mener des expérimentations qui impliquent différents acteurs, des rencontres. Au bout de plus d’un an, Hugues Aubin apporte un premier constat : « les projets quasi statiques ne fonctionnent pas ». Ainsi, par exemple, l’office du tourisme virtuel de la région Midi-Pyrénées, a cessé ses animations. L’internaute était supposé découvrir les ressources de la région, mais les évènements n’étaient pas suffisants.

Des opérations avec les acteurs du territoire En revanche, les espaces communs abritent de plus en plus d’évènements. Exemple : pour la seconde année consécutive, les rencontres d’Autrans, qui réunissent des acteurs publics qui se mobilisent sur les enjeux de l’Internet, ont intégré de nouveaux participants, via Second life. Ces individus, simplement connectés à Internet, étaient présents sur l’ile du Metalab 3D sous la forme d’un avatar. Ils ont assisté aux débats (la vidéo était projetée en direct sur l’ile) et ont participé en envoyant des messages écrits aux personnes réunies à Autrans. Leurs textes étaient vidéo-projetés sur un écran de la salle de conférence physique. Autre exemple, les Transmusicales de Rennes se sont déroulées aussi sur Second Life. Le projet était porté par l’organisateur du festival et la ville de Rennes. Dans les deux cas, ils ont permis d’expérimenter des nouvelles formes de rencontres, où monde physique et monde virtuel s’interpénètrent. «  Les évènements qui se déroulent sur l’ile du Metalab sont plus souvent portés par des acteurs du territoire, et non par les territoires eux mêmes. Cela peut fonctionner, quand un territoire fait savoir à ces acteurs qu’ils ont cette possibilité. Sauf, bien sûr, pour les villes pionnières qui assument complètement cette dimension, comme Stockholm.  » analyse Hugues Aubin.

Veille et constitution d’un réseau Autre volet de la mission du Metalab 3D : la veille internationale sur les initiatives liées aux territoires, qui se déroulent dans les mondes virtuels. On les retrouve sur le blog, nourri notamment par Jean-François Lucas, doctorant en Sociologie à l’Université de Rennes 2, où il effectue des recherches sur les villes numériquement augmentées. « A l’étranger, certaines collectivités ont déjà investi ce champ, par exemple dans l’urbanisme, ou dans l’enseignement supérieur. Cette veille nous permet à la fois de repérer les projets, et d’être en contact avec des personnes qui ont déjà acquis de l’expérience dans ce domaine » remarque Hugues Aubin. Et c’est également ce que permettent les expérimentations qui se déroulent sur l’ile du Metalab 3D : tisser un réseau entre des individus, qui, dispersés dans les administrations et sur le territoire, s’investissent personnellement et expérimentent ces nouvelles pratiques basées sur la collaboration. Outre à constituer un vivier de compétences, ce réseau est déjà précieux : les contributions des volontaires s’ajoutent à des ressources du Metalab 3D, limitées à l’ile sur Second Life, et à du temps de disponibilité de Loïc Haÿ,pour l’Artesi , et à du temps de disponibilité de Hugues Aubin, pour la municipalité de Rennes.

Avr 7 2009

L’urgence du développement durable impose une mutation des structures publiques

Billet publié par Anne Daubrée
Tags: Environnement , Formation , Politique publique , technologie , transport

S’il devait n’y en avoir qu’une, la crise de la planète est sans doutes la priorité à laquelle devraient s’attaquer des sociétés par ailleurs profondément remodelées par les technologies de l’information. Gilles Berhault est président d’ACIDD, association communication et information pour le développement durable, qui s’est fixé pour but de diffuser les idées, tisser des liens et expérimenter des nouvelles formes de collaborations, autour des enjeux du développement durable. Comment les pouvoirs publics doivent ils innover, pour faire face à cet enjeu vital, en tenant compte des opportunités induites par les technologies de l’information ? Réponse de Gilles Berhault, en préparation du comité d’orientation de la 27e région.

La hiérarchie en cause « Le développement durable, touche des sujets comme la mobilité, la gestion des bâtiments, l’éducation… ». C’est un sujet transversal qui se heurte l’organisation des structures publiques. « C’est flagrant lorsque l’on voit les difficultés de la mise la place d’agendas 21 dans les collectivités, difficultés auxquelles ils faut ajouter la complexité de partage de compétence entre les différents échelons territoriaux » constate Gilles Berhault, Pour changer, « il faut aller vers un management de projet qui réunisse des compétences autour d’un but, et non en mode hiérarchique, en mode fonction, comme c’est le cas actuellement » poursuit-il. Par ailleurs, « Le développement durable ne se décrète pas » : il passe nécessairement par une participation des individus. En cela, pointe Gilles Berhault, le développement durable relève de la même logique que les technologies de l’information, qui permettent aux individus de s’engager. La logique horizontale, « c’est celle de fédérer, tisser des liens entre les énergies, de stimuler d’innovation ». C’est ce à quoi s’emploie Acidd. Dans ce cadre, l’association prépare une rencontre internationale pour mettre en réseau les acteurs actifs en matière de développement durable, et qui se tiendra l’an prochain. Et les structures publiques locales ont leur rôle à jouer. « La rencontre sera très orientée territoires, car cette échelle est essentielle. Il faut se relier à un territoire physique. Sinon, on se limite au déclaratif, car on ne peut rien mesurer » juge Gilles Berhault.

Formation ou mutation ? L’adaptation des structures publiques au changement passe aussi par une importante action de formation. Formations différentiées, car « l’une des difficultés, c’est que tout le monde ne change pas au même rythme » précise Gilles Berhault. Des générations et des individus aux aptitudes différentes vont cohabiter longtemps. Ce sont des compétences nouvelles qu’ils faut acquérir, avec des formations permanentes (Celui qui s’occupe de mobilité doit connaître à la fois les technologies de l’information et le développement durable, par exemple), et, même, la création de nouveaux métiers. Il pourrait s’agir, par exemple, de « e-leaders en développement durable » actifs sur le territoire. Le rôle de ces personnes serait d’être des « passeurs d’idées » autonomes, qui connaissent développement durable et tic, et qui travaillent pour sensibiliser, éduquer, permettre l’appropriation et l’intégration de ces logiques dans les collectivités. Ils seraient également là pour rassurer. Une idée à l’étude avec la 27e région. Mais le propos de Gilles Berhault va plus loin. « Les acteurs publics doivent se former, mais surtout, il est nécessaire qu’ils deviennent réellement utilisateurs de ces outils technologiques, par exemple, en utilisant des outils collaboratifs, et qu’ils aient une démarche active personnelle en matière de développement durable. On ne peut pas avoir un rôle politique si on ne pratique pas personnellement, car on ne parle pas ici de technologies, mais d’un véritable changement de comportement. Il faut avoir du courage, celui de changer ses habitudes. »

Avr 6 2009

Courage, impertinence et hybridation des lieux : les clés de l’innovation publique par Luc Gwiazdzinski

Billet publié par Anne Daubrée
Tags: Développement local , Formation , Innovation , Politique publique

Logiques de réseau qui heurtent les logiques de territoire, désynchronisation des temps et éclatement des lieux … Luc Gwiazdzinski, géographe, pointe ces tendances lourdes en conséquences pour les politiques publiques. Maitre de conférence à l’Université Joseph Fournier de Grenoble, il est l’auteur de différents livres, comme « La Ville 24 heures sur 24 », ou encore « Les villes malléables », contribution à l’ouvrage « Futur 2.0 ». Impossible de citer toutes ses activités. Sortant du cadre de la recherche pure, Luc Gwiazdzinski a, par exemple, fondé en 2001 une « Maison du temps et de la mobilité », à Belfort. Comment doivent innover les politiques publiques pour s’adapter à cette nouvelle donne ? Premiers éléments de réponse de Luc Gwiazdzinski, en préparation du comité d’orientation de la 27 e région.

Du courage et un nouveau regard

«  Il y a du courage à avoir. L’innovation, c’est l’obligation de prendre des risques ». C’est d’abord en adoptant une posture nouvelle que les pouvoirs publics peuvent parvenir à piloter les changements sociétaux, pour Luc Gwiazdzinski. Car il faut faire du territoire « un lieu où l’on se rencontre ». Et il revient au politique de mettre en place les conditions de l’échange. « Aujourd’hui, il y a un manque d’enthousiasme parmi les acteurs du développement local. Il faut donner aux politiques publiques les moyens de se régénérer » estime Luc Gwiazdzinski. Car l’innovation passe par un regard nouveau, l’exploration de nouveaux champs. :« La question du temps est importante et pas seulement celle de l’espace. C’est à la mobilité qu’il faut s’intéresser, et non aux transports. Et il ne faut pas oublier le numérique… ». Une réforme du CNFPT , permettant aux agents de la fonction publique territoriale d’appréhender ces nouvelles logiques, faciliterait cette transition. Il s’agit également de se donner les moyens, en se dotant, au niveau régional, par exemple, d’une fonction recherche et développement, qui dispose de réels moyens de mener des expérimentations, d’agir.

Des plates-formes d’innovation

L’innovation ne passe pas seulement par un changement du regard, mais par une modification profonde de la gouvernance, par « la mise en place de processus d’intelligence collective ». Concrètement, il s’agirait de « plates formes d’innovations multi-scalaires, capables de croiser l’observation et la sensibilisation, la co-construction, et l’expérimentation, y compris en utilisant l’expertise citoyenne, et pas seulement celle technique » estime Luc Gwiazdzinski.. Le design serait mis à contribution pour rendre les projets attractifs, pour construire de véritables espaces de dialogue. Car, c’est un fil rouge dans les propos du géographe, l’innovation passe par le brassage. Il faut croiser le public et le privé, le central et le local, il faut laisser une place aux créatifs, artistes compris. Le géographe croit à l’importance des « lieux hybrides » et des « personnes », quel que soit leurs champs de compétence. « Dans les régions, il faut identifier les personnes qui ont envie de construire, dans tous les domaines, et bâtir un dispositif simple pour les accompagner, leur donner la possibilité de déployer leurs projets sur la durée. L’impertinence doit être valorisée » conseille-t-il. Si les territoires ont tout intérêt à échanger entre eux, le rôle de l’Etat n’en disparaît pas pour autant. Bien au contraire. La Diact devrait exercer un véritable rôle d’aménagement du territoire, notamment pour traiter le sujet de l’étalement urbain. Et elle pourrait mener une politique de labellisation de ces plates formes d’innovation, afin de systématiser les initiatives.

Mar 19 2009

Les jeunes britanniques repensent leur système éducatif

Billet publié par Anne Daubrée
Tags: Formation , Innovation , Lycée , Politique publique , social

Des élèves font passer des entretiens d’évaluation à leurs enseignants : c’était l’an dernier, à la South Camden Community School , un collège londonien. Plus globalement, les jeunes ont géré le processus même d’évaluation de leur établissement, avec force entretiens et séances de travail pour élaborer des solutions d’amélioration. Résultat : pour 2009, l’établissement a prévu de faire participer plus les parents, et la mise en place d’une boutique qui devrait être gérée par les étudiants. Aujourd’hui, un autre établissement londonien, le Lewisham Further Education College et des écoles primaires du Yorkshire, s’apprêtent à adopter cette méthode, « Edge Instead », d’après son promoteur, « Edge Learner Forum ». Ce dernier est un programme qui vise à rendre les jeunes acteurs de leur propre éducation, en les amenant à réfléchir et échanger sur le sujet, mais, surtout, à passer à l’action. Né en 2004, le programme lui même est financé par Edge, une fondation qui soutient le “practical learning », l’apprentissage par la pratique. Outre l’invention de ce système d’évaluation des établissements, les jeunes du Edge Learner Forum mènent également d’autres activités. Ils ont notamment produit une vidéo destinée à faire connaître et susciter le débat sur le nouveau « diploma », une qualification reconnue par l’équivalent britannique du ministère de l’éducation, et qui utilise le « practical Learning ». Pour ce, les jeunes ont interviewé jeunes, enseignants, entrepreneurs, et hommes politiques à travers le pays. Leur film a été diffusé dans les écoles, les collèges et les collectivités locales. « Il a été très bien accueilli, et nous recevons encore des demandes de copies » témoigne Nick Hagan, chargé de mission au Edge Learner Forum.

Des jeunes traités comme des ressources

Aujourd’hui, ce sont quelques 200 jeunes ( de 11 à 22 ans) qui participent au projet. Ils se réunissent au sein de huit forums régionaux, (Sussex, Birmingham, Cumbria, Doncaster, London, Newcastel, Sussex, North Yorkshire, Nottingham). Chacun d’entre eux est géré par un administrateur public ou associatif, comme First Class Youth, ou privé, comme Adam Wellings Consultancy. «  Les membres décident souvent des sujets sur lesquels va se concentrer le forum local. Par exemple, « Edge instead » est né de l’idée d’un jeune, et le forum a ensuite travaillé pour que cela devienne un véritable projet » précise Nick Hagan. Car, au delà des résultats, le fait même de participer relève de l’apprentissage par l’expérience, pour Edge. « Au fur et à mesure que le groupe se développe, les jeunes commencent à être de plus en plus impliqués dans son organisation même »ajoute Nick Hagan. Ce que confirment les témoignages des jeunes sur les sites des forums locaux. « Nous sommes traités comme des adultes. Le forum est réellement intéressant. Il donne aux gens quelque chose à faire le dimanche. Il nous aide à nous impliquer dans ce qui se passe dans le Sussex rural » raconte l’un des ados. Pour l’instant, une réunion physique réunit les membres de chacun des forums tous les deux mois, et des échanges réguliers passent par internet et par téléphone. Mais Edge Learner Forum entend accroitre considérablement le nombre de participants, et travaille actuellement à faire vivre cette communauté sous une forme virtuelle plus élaborée.

Mar 18 2009

Les espaces publics numériques, laboratoires de l’action publique

Billet publié par Stéphane Vincent
Tags: Développement local , Espace public , Formation , Innovation , Intergénérationnel , Politique publique , Quartier , rural

Avec d’autres collègues, je participais en tant que grand témoin (ciel !) aux rencontres UNIS (Usages nouveaux de l’internet social) organisées sous l’égide de la Région Provence Alpes Côte d’Azur à Draguignan, ce mardi 17 mars. Voici ma conclusion sous forme de rapport d’étonnement, au terme de cette journée réellement réjouissante, dans une salle bien remplie et avec des intervenants de très grande qualité.

Une conviction, tout d’abord : les espaces publics numériques (en Paca, les ERIC) sont devenus de véritables laboratoires de l’action publique sur lesquels les acteurs publics « traditionnels » feraient bien de se pencher plus sérieusement… Je m’explique. En 10 ans d’existence, les milliers d’espaces publics initialement conçus par les collectivités locales et les associations pour « réduire la fracture numérique » ont depuis longtemps quitté la simple sphère de la sensibilisation à l’internet : sans cesser de peaufiner des méthodes d’apprentissage du numérique toujours plus originales, ils ont peu ou prou dû endosser le rôle d’auxiliaire de toutes les grandes politiques publiques dites « nobles » : emploi, formation, culture, citoyenneté, lutte contre l’exclusion, etc. Prenons l’emploi, par exemple. Aujourd’hui, où un chômeur va t-il le plus facilement se mettre en quête d’un travail : dans un Point Emploi ou au sein d’un espace multimédia ? Les acteurs traditionnels ne sont le plus souvent pas équipés pour le nouveau monde de l’emploi, qui a massivement franchi les frontières numériques, où gravitent dorénavant des centaines de sites de recherche d’emploi privés, de « job boards », blogs et autres réseaux sociaux devenus indispensables pour créer son existence professionnelle, quelle que soit sa qualification. Là où l’internet allait provoquer une transformation majeure –dans la façon de trouver un travail, de s’informer, de socialiser, de vivre- les acteurs traditionnels n’y ont souvent vu qu’un nouveau support à investir, de nouveaux sites web à créer. Ils se sont dotés d’outils plus ou moins performants, mais n’ont rien changé à leur façon de faire. Erreur. Les grands acteurs publics étant déficients, les espaces publics « font le boulot », imaginent eux-mêmes des partenariats, inventent de nouvelles méthodes, réinventent la médiation, co-construisent des solutions avec les gens, sans subir le poids des dogmes ni des cultures administratives.

En corollaire, une interrogation. Bon an, mal an, les espaces numériques ont traversé et traversent les crises, les réductions de crédits publics, les situations précaires depuis des années sans voire leur légitimité se réduire. Il a bien des abandons, mais la plupart des équipes se renouvellent, et chaque jour de nouveaux lieux sont créés avec une motivation toujours aussi forte. Pour autant, faut-il se satisfaire de ce statut de « strapontin de l’action publique » ? Pourquoi ces initiatives sont-elles si peu présentes au sein des grandes politiques de la ville (programmes Anru, par exemple), des politiques du logement, de l’emploi et de l’économie, de la culture, des services, de la famille, de la lutte contre l’exclusion, de la citoyenneté ? On pourrait objecter qu’il est plus facile d’avancer de « l’extérieur », débarrassé du poids des politiques publiques, à partir de la seule énergie associative et ascendante… mais c’est oublier que même une faible part des crédits alloués à ces grandes politiques –même en réduction constante- suffirait à décupler les moyens des espaces numériques. Dit autrement : vaut-il mieux espérer un énième grand plan en faveur de l’e-inclusion, ou en irriguer chacune des grandes politiques publiques ?

Une suggestion, enfin. Puisqu’il est communément admis que les questions d’e-inclusion sont durablement devant nous, et qu’elles vont s’amplifier au rythme incessant des technologiques (à l’internet vont s’ajouter les « machines communicantes », les nanotechnologies, etc), pourquoi ne pas s’adonner à un salutaire exercice de prospective créative à 5, 10 ou 15 ans ? A quoi aimerions-nous que ressemblent les espaces numériques demain ? Que deviendront-ils en tant que lieux ? les fonctions qu’ils assurent auront-elles intégré les structures ? quels nouveaux métiers auront vu le jour ? Quels seront alors les pratiques et attentes des usagers ? Un tel travail aurait le mérite de créer un regain d’intérêts chez les élus, de prendre une option sur l’avenir. On a sincèrement hâte de lire les propositions que seraient capables de produire collectivement les centaines d’animateurs, médiateurs, responsables de Paca et d’ailleurs. Alors, chiche ?

Mar 3 2009

Un projet de Résidence à l’Université

Billet publié par Romain Thévenet dans la catégorie Education / formation
Tags: Ecole , Formation , Paris , Territoires en résidences

Discussion aujourd’hui avec Sophie Mahéo, maître de conférence à l’université Paris Descartes et John Augeri, responsable adjoint de l’Université Numérique Régional (UNR) d’Ile de France pour envisager une résidence à l’université.

Les Universités Numériques Régionales sont des regroupements d’universités par régions qui permettent d’apporter des solutions numériques au quotidien des étudiants. L’Université Numérique d’Île de France travaille avec 16 universités de la Région, et le Crous.

John a souligné l’intérêt qu’il portait à la considération des usages dans les actions numériques au delà des solutions techniques. Pour lui il est important de "relocaliser" les usages du numérique dans des lieux réels, ce qui l’a amené à regarder de près des lieux comme la Cantine (qui héberge nos locaux). De ces nouveaux "tiers lieux" dont nous avons déjà eu l’occasion de parler sur ce blog, est né l’idée de concevoir un lieu de ce type à l’université.

"Comment habiter l’université"

L’objectif de la réunion a été, entre autre, de trouver une question qui permettrait de rentrer dans le projet. Nous sommes partis du constat que depuis l’arrivée de l’Internet, les étudiants ont de plus en plus souvent leurs ordinateurs chez eux, et peuvent passer toute une scolarité en ne venant que dans les salles de cours, sans que n’existe vraiment l’opportunité de rencontrer l’Autre, d’envisager des projets communs. Y a-t-il des propositions qui permettraient de donner envie aux étudiants d’habiter l’université ?

Un lieu d’ouverture sur l’extérieur

Autre interrogation : comment provoquer la rencontre entre acteurs de l’intérieur et acteurs de l’extérieur ? Comment créer de l’interdisciplinarité, faire se rencontrer des acteurs différents, au sein même de l’Université et du dehors ? A quoi ressemblerait ce lieu de rencontres informelles entre porteurs de projets, start up, étudiants, professeurs etc… tel que l’ont par exemple créé nos amis du cabinet Iniciativa Joven à l’université en région Estrémadure ?

Une résidence pourrait donc démarrer dans les mois qui viennent dans une des universités, ou encore au Crous, pour travailler avec les étudiants sur ces questions et anticiper sur l’éventuel aménagement d’un nouveau "tiers lieu".

Fév 26 2009

Formacamp en Rhône Alpes

Billet publié par Stéphane Vincent
Tags: Barcamp , Formation , Politique publique , social

J’animai deux ateliers hier au Formacamp, barcamp dédié à la formation organisé sous l’égide de Formavia, le réseau de la Région Rhône Alpes -et qui faisait suite à la journée du 3 décembre dernier que nous avions organisé lors du congrès des Régions à Caen avec la Région Basse-Normandie. A première vue, au moins 200 participants (beaucoup pour un barcamp...).

Le choix de l’Hôtel de Région, situé à Charbonnières, pouvait sembler étonnant pour une "non-conférence", mais si l’on parvenait à oublier le protocole un peu écrasant de l’hémicycle, l’irruption d’un tel événement dans un conseil régional était une première intéressante...

Mes ateliers traitaient des enjeux territoriaux de la formation à l’heure de l’internet. Nous avons consacré le premier à l’effet "transformateur" du numérique : en quoi il a changé notre façon de nous former, mais aussi d’accéder à la formation, de nous informer sur l’offre, et contribué à changer les postures de chacun, du formateur jusqu’aux médiateurs. Avec les participants, nous avons essayer d’identifier ces changements. Le cas de la Maison de Grigny, qui propose un apprentissage aux TIC, est intéressant à plus d’un titre : en rendant les gens autonomes plutôt qu’en les enfermant dans des logiques d’assistanat, en repartant des gens et non de l’offre de formation, en co-concevant l’apprentissage avec eux, la Maison de Grigny a conçu une autre grammaire de l’apprentissage, très éloigné des modèles traditionnels descendants, et visiblement plus efficace.

Territoires en réseaux @ FormaCamp

La Maison de Grigny, à l’image de nombreux espaces publics numériques, illustre bien le statut de véritable "service public de l’accompagnement" qu’on pris ces structures. En effet, elles viennent souvent en renfort des acteurs traditionnels de la formation et de l’emploi, qui n’ont pas pris la mesure du rôle qu’a pris l’internet dans ces domaines. Nous avions déjà pointé cette fonction d’écrivains publics numériques à Caen. En plénière, nous avons suggéré d’intégrer ce rôle des espaces numériques dans le service public régional de la formation que met actuellement en place la Région Rhône Alpes.


3 Territoire en réseaux AM
envoyé par FormaVia. - L’actualité du moment en vidéo.

Le second atelier était dédié à la question de la mise en réseau des acteurs sur le territoire. Je suis reparti d’une tentative de description du mille-feuille de l’emploi et de la formation (cf photo) pour décrire la situation vécue par l’usager en cherche de formation. Comment sortir des silos de la formation et retrouver de la transversalité ? Par analogie, la communauté de métiers formée par les membres de l’Aradel (en plusieurs dizaines d’années, 700 agents de développement rhonalpins organisés en réseau, dépassant le cadre de leurs organismes respectifs) présentait des caractéristiques réplicables : un lieu d’échange "métier", un réseau de personnes où l’on prend et où l’on donne, où l’on co-construit plutôt que de tout confier à des consultants extérieurs, etc. Un exemple à suivre, tout comme l’expérimentation RuralNet, qui mise sur le test en grandeur réel d’un réseau social pour explorer de nouvelles façons de "rattraper" les petits exploitants agricoles et tous les acteurs ruraux les plus éloignés des logiques de formation habituelles. Vive l’expérimentation ! Les photos, les premiers comptes rendus et les premières impressions sontsur le wiki du Formacamp.

Fév 12 2009

Les enfants romains guident leurs grands-parents sur le net

Billet publié par Anne Daubrée
Tags: Ecole , Europe , Formation , technologie

Ravis, les « nonni » s’échangent des mails en rafale. Dans la banlieue de Saxa Rubra, au nord de Rome, une vingtaine de personnes de plus de 60 ans, les « nonni », les « grands pères », achèvent leur apprentissage –gratuit- de l’internet, ce mois de février. Les profs ? Ils n’ont même pas l’âge de voter : ce sont les élèves du lycée technique de Calamandrei. Trois mois durant, chaque semaine, ils ont accueilli ces apprentis internautes du troisième âge dans leur salle informatique. Au programme : apprendre à se servir d’un clavier, écrire un texte, surfer, envoyer des mails et se familiariser avec les sites internet administratifs. « Nous avons renversé le principe d’apprentissage entre les générations » commente Cecilia Stajano, responsable du projet chezMondo Digitale, l’association qui a développé « Nonni su internet », à la demande de la municipalité romaine.

En 2003, en effet, la ville s’est inquiétée de ne pas laisser sur le bord de la route numérique les quelques 600 0000 Romains âgées de plus de 60 ans que compte la cité, sur une population d’environ 3 millions d’habitants. Et, depuis cette date, d’après l’association, 6000 « nonni » sont retournés sur les bancs de l’école. 3000 jeunes et 400 enseignants « tuteurs » les ont accompagnés dans leur apprentissage à l’internet, dans 110 écoles, situées dans le centre de la ville, mais aussi dans des quartiers sensibles. Lycéens, collégiens, et même des enfants des écoles primaires jouent le rôle de tuteurs. « Bien entendu, plus les enfants sont jeunes, plus le rôle des enseignants est plus structurant. Les plus petits jouent le rôle d’anges gardiens, et accompagnent les personnes âgées pour s’assurer qu’elles suivent bien les instructions du professeur » explique Cecilia Stajano. Plus les élèves sont âgées, plus les enseignants référents s’effacent.

Les technos pour parler le même langage Tous les participants semblent trouver leur compte dans cette opération. Les personnes âgées, qu’il s’agisse de mères au foyer, ou d’artisans à la retraite, voient leur curiosité satisfaite. « Elles ont envie de se sentir l’égal de leurs enfants et petits enfants, de parler le même langage. De plus, cela leur fait plaisir de se retrouver dans une bonne ambiance » explique Anna Maria Pezzola, enseignante au lycée technique de Calamandrei, à Saxarubra. Par ailleurs, la découverte de certains sites administratifs leur rend un service très concret, leur évitant, par exemple, de se déplacer pour régler des factures. Résultat, « certaines personnes voudraient se réinscrire au cours plusieurs fois. Nous sommes obligés de limiter » commente Cecilia Stajano.

Les élèves, eux « se sentent valorisés, ce qui n’est pas toujours le cas dans le contexte scolaire. Ils sentent qu’on a besoin d’eux. Au début, ils abordent la démarche avec de l’ironie, mais ils se laissent très vite prendre au jeu » juge Anna Maria Pizzola, pour qui les bénéfices du projet dépassent le champ pédagogique. En effet, les liens qui se tissent entre les enfants et les personnes âgées contribuent à « restaurer l’image des écoles dans leur environnement proche » commente l’enseignante. Un sujet sensible, dans ce pays où l’image des très jeunes est noircie une très forte attention médiatique portée au phénomène du « bullismo », un terme qui a été inventé pour qualifier la brutalité émanant des jeunes, avec, par exemple, force vidéos de passages à tabac exhibées sur YouTube. Cette année, Anna Maria Pizzola espère organiser des échanges avec des classes irlandaises. Là bas, ainsi qu’ en Espagne, ou dans d’autres régions italiennes, comme en Ombrie, « nonni su internet » a fait des petits.

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Nonno su Internet
Jan 19 2009

Intervention au iLearning Forum

Billet publié par Stéphane Vincent dans la catégorie 27e Région
Tag : Formation

Intervention ce matin en ouverture du iLearning Forum, organisé de main de maître par Serge Ravet et ses équipes. Mes slides sont ici :

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Scénario de la Fabrique 6: Artoka

Cette vidéo fait partie des scénarios produits par la 27ème Région avec Félix Compère, pour illustrer les réflexions de Collège régional de Prospective du Nord Pas-de-Calais. La Fabrique 6 a pour thème « (...)

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